Non à l’usine à gaz d’Etaule ! Signez la pétition

Publié par Collectif Vézelay Autrement

Le jeudi 23 septembre 2021

Mis à jour le 28 septembre 2021

La Préfecture de l’Yonne instruit actuellement une demande d’enregistrement pour un projet d’unité de méthanisation de grande ampleur à Etaule.

Une contribution critique détaillée + Une pétition

Notre association, en commun avec le collectif Foissy Vézelay Environnement, a produit une contribution critique détaillée du projet, associée à une pétition

La contribution est également téléchargeable en bas de cet article.

Le dossier du projet

Le dossier du projet ainsi que l’ensemble des contributions issues de la consultation publique organisée par le Préfet de l’Yonne peuvent être consultés sur la page de la Préfecture en cliquant ici.

Un procédé a priori vertueux...

La méthanisation, pour beaucoup d’entre nous, pas vraiment spécialistes, consiste en gros à transformer des matières organiques en énergie de proximité et en genre de compost. Bref, un procédé réputé écolo et « vertueux ».

Alors pourquoi le projet d’Étaule à huit millions d’euros suscite-t-il notre opposition ?

Parce qu’il constitue :

  • une exploitation qui présente des risques multiples et importants de pollutions, de nuisances et d’incidents
  • un projet de trop grande dimension par sa surface (2 ha) et ses capacités (plus de 50 tonnes par jour en entrée et en sortie)
  • un projet industriel et non écologique, visant avant tout une production et revente de gaz largement subventionnées

Un "digestat" indigeste

Les porteurs du projet d’Étaule épandent déjà tranquillement avec leur installation actuelle sur la ferme de Côme un « digestat » qui dégage l’odeur qu’on devine, et laisse des débris de plastique bien visibles à la surface des champs.

Demain, ils souhaitent acheminer des déchets agroalimentaires (en provenance d’Étampes), de lisier, de boue de papeterie (de Nogent-sur-Seine), de glycérine (de Prémery). On peut rêver fertilisants plus frais.

Un bilan de carbone inacceptable

Et ce doit être ça, les circuits courts, avec les multiples allées et venues de camions de transport et de lourds engins agricoles qui défoncent les petites routes... ???

Quel est le bilan carbone de tout ce montage, quoi qu’on nous raconte ? Parce que l’Essonne, par exemple, c’est la porte à côté ?

Un méthane subventionné à prix d’or

Une autre partie de ce digestat provient non de tontes ou de ramassage naturel de végétaux, mais de cultures de type maïs, spécialement conduites à la seule fin d’alimenter le méthaniseur, et de produire de l’agrogaz. On touche là le vrai objectif de l’opération : cette installation prétendument verte pue et pollue, mais rapporte gros aux cabinets d’études et à tous les protagonistes de l’affaire qui font déjà - et feront demain plus encore - acheter à prix d’or par la collectivité leur méthane, grâce à une profusion de subventions publiques. Tout ça, pour ça.

Pour toutes ces raisons, nous demandons l’abandon de ce projet.

A défaut, on peut toujours discuter les modalités du dispositif, l’améliorer à la marge.

Nos préconisations : réduire la taille du méthaniseur

Nos préconisations ? Au minimum, réduire la taille du méthaniseur aux seules productions méthanisables du territoire de vraie proximité ; bannir toute culture destinée spécifiquement à l’alimenter ; assurer une véritable hygiénisation du digestat ; effectuer des analyses chimiques et biologiques complètes des sols avec un suivi régulier confié à un cabinet indépendant... Limiter les dégâts en somme. Piètre objectif, mais au point où on en est, on ne lâche rien.

Pour ceux qui n’auraient toujours pas compris, rappelons que parmi les menaces qui pèsent sur nos têtes, l’incapacité de la planète à continuer à nous nourrir occupe une place de choix. Partout, l’état des sols est un désastre. Chez nous, on doit à l’agriculture intensive, érosion, pollution des terres et de l’eau, disparition de la biodiversité... Nos sols sont épuisés. Comment les faire revivre est une question primordiale. Ce dont ils ont urgemment besoin c’est de végétaux, paille, feuilles, racines, qui favorisent le retour des bactéries, des champignons, des vers de terre, bref du vivant... et donc aussi d’agriculteurs-paysans respectueux de la nature et travaillant à petite échelle, non d’« énergi-culteurs » aux ambitions industrielles.

Signer la pétition ici.