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Rencontre à la Maison du Parc au sujet de la renouée : Life + fera-t-il appel aux faucheurs volontaires ?

Publié par Thiébaut Jourdain

Le mardi 11 novembre 2014

Mis à jour le 21 avril 2015

Le 8 octobre, la Maison du Parc naturel régional du Movan a convié valleeducousin.fr à une réunion sur la renouée. Voici le compte-rendu de cette rencontre, au cours de laquelle le Parc a présenté son plan d’action : une formation du personnel communal est prévue fin novembre à Avallon, un second massif de renouée sera traité le long du Cousin au printemps 2015 et une sensibilisation du grand public sera organisée à l’occasion des Journées de l’environnement en Juin 2015. Reste toutefois un problème : que faire des déchets de renouée ?

 Invitation au Parc du Morvan

Suite à nos différents articles sur le sujet...

... le Parc nous a invité à une rencontre le mercredi 8 octobre 2014 réunissant :

  • le responsable du pôle environnement ;
  • le coordinateur Life + ;
  • l’animatrice Natura 2000 pour les vallées de la Cure et du Cousin dans le Nord Morvan ;
  • le Président du SIVU de la vallée du Cousin ;
  • l’élue chargée de l’environnement pour la ville d’Avallon.

 Questions à Gérard Ducerf, Botaniste

Avant ce rendez-vous au Parc, nous avons souhaité consulter Gérard Ducerf, botaniste de terrain et auteur de l’Encyclopédie des plantes bio-indicatrices, aux éditions Promonature (en Saône-et-Loire). Voici les informations qu’il nous a données :

Quels sont les terrains favorables ?

  • Les terrains riches en pesticides de synthèse (massifs pouvant dans ce cas atteindre 4 mètres de haut) : la renouée semble adorer les pesticides !
  • Les terrains riches en débris de terre cuite (cette dernière contenant des métaux lourds) : la renouée prolifère dans tous les anciens sites de production industrielle de poteries le long de la Loire... mais aussi sur des remblais contenant des tuiles cassées par exemple ;
  • En règle générale, les terrains pollués en métaux lourds lui sont favorables.

Quel rôle jouent alors les métaux lourds dans le développement de la plante ?

  • Pour l’instant, on sait juste que les métaux lourds se concentrent dans les rhizomes de la plante via un processus de mycorhization (c’est à dire une association avec des champignons) ;
  • On sait aussi que les métaux lourds ne sont pas présents dans la partie aérienne de la plante : donc on peut a priori manger les parties aériennes, qui sont comestibles ;
  • Mais hélas, on ne sait pas exactement quel rôle jouent exactement les métaux lourds dans le développement de la renouée. Deux questions subsistent :
    • La mycorhization permet-elle seulement d’annuler le caractère toxique des métaux lourds pour la renouée, lui permettant de pousser dans des sols pollués ?
    • Ou permet-elle d’utiliser avantageusement les métaux lourds dans le développement de la plante ?

Comment s’y prendre avec les massifs de renouée en place ?

  1. Arracher ou couper à la base la partie aérienne régulièrement, pour fatiguer la plante (surtout pas de débroussailleuse, qui propulse les propagules en tous sens) ;
  2. Bâcher avec une bâche noire armée pour éviter la repousse.

Que faire des déchets de renouée ?

  • L’idéal est de les traiter sur place le plus près possible des massifs, afin de réduire les risques de dissémination pendant le transport :
    • Le compostage par fermentation avec une température minimale de 60° permettrait de détruire complètement les moyens de propagations de la plante tout en produisant un compost d’excellente qualité ;
    • Sinon, il faudrait pouvoir brûler sur place.

 La stratégie testée et adoptée par le Parc : arrachage, bâchage, replantation

La stratégie expérimentée par le Parc du Morvan, semble-t-il avec un certain succès, en amont de Saint-Agnan est la suivante :

  1. Arrachage à la main ;
  2. Bâchage ;
  3. Replantation avec des essences ligneuses locales concurrentes, que l’ont peut traiter en cépées pour une meilleure couverture végétale :
    • différents variétés de saule ;
    • des aulnes... ;
Site test en amont de Saint-Agnan : en octobre 2012, le massif de renouée est bien visible !
Document n°899
Site test en amont de Saint-Agnan : en octobre 2012, le massif de renouée est bien visible !
Crédits : Parc naturel régional du Morvan
Site test en amont de Saint-Agnan : en juin 2014, après arrachage, bâchage et plantation de saules
Document n°900
Site test en amont de Saint-Agnan : en juin 2014, après arrachage, bâchage et plantation de saules
Crédits : Parc naturel régional du Morvan

Le même procédé est en cours dans la vallée du Cousin, après le Pont raté et sera mis en place au printemps 2015 sur les massifs des aires à pique-nique, un peu plus loin (là ou il y a le festival).

Pour la réalisation technique de cette opération, une convention a été conclue avec Le CPIE d’Autun (Centre permanent d’initiation à l’écologie).

 La cartographie SIG de la renouée : une initiative appréciée

Le début de cartographie SIG citoyenne de la renouée du Japon avec Valléeducousin +, que nous avions lancée en septembre, a été appréciée par le Parc, qui l’utilisera certainement dans le cadre de son plan d’action.

Cartographie SIG de la Renouée, initiée sur valleeducousin.fr en septembre 2014
Document n°901
Cartographie SIG de la Renouée, initiée sur valleeducousin.fr en septembre 2014
Crédits : Valleeducousin.fr

Le Parc avait lui-même, il y a dix ans, réalisé un premier inventaire routier de la renouée à l’échelle du Morvan.

C’est donc une initiative à poursuivre : merci de votre aide !

 Un point faible : la gestion des déchets

Le point faible reste celui de la gestion des déchets : que faire des renouées arrachées  ?

Certes, dans le cadre de la convention signée avec le CPIE, les financements Life + permettent de prendre en charge leur transport vers des déchetteries spécialisées... situées à l’extérieur du territoire (ce qui est déjà discutable : risques de dissémination, bilan carbone etc...).

Mais que peuvent faire les particuliers ou les agents communaux alors même qu’il est interdit de brûler ou de transporter la renouée dans les déchetteries locales ?

La question est pour le moment sans réponse : l’étude d’un modèle de séchoir utilisable sur place semble être envisagée. A suivre.

 Formation du personnel communal

En attendant, le Parc a prévu de commencer à former le personnel communal : la première formation devrait se dérouler à Avallon fin novembre 2014.

Mais comme le programme Life + n’a pas prévu de financer, pour les équipes communales, l’évacuation des rémanents (déchets de renouée) en déchetteries spécialisées... que les déchetteries locales ne sont pas prévues pour... et qu’un arrêté préfectoral interdit les feux, que pourront vraiment faire les agents communaux ?

Cette formation se résumera donc certainement à sensibiliser les équipes sur ce qu’il ne faut pas faire... à commencer par ne pas utiliser de débroussailleuse ?

 Journées de l’environnement, en juin 2015

Enfin, concernant la sensibilisation du grand public, une action est prévue pour juin 2015, dans le cadre des journées de l’environnement.

 Une suggestion : faire appel aux faucheurs volontaires ?

Dès que le problème de la gestion des rémanents (déchets de renouée) aura été résolu, nous proposons de lancer à cette occasion une campagne festive de « fauchage citoyen de la renouée ». ;-)

Car la faux revient au goût du jour : voir la vidéo de cette formation donnée à Vevey, en Suisse, en 2010.

La faux : un outil réhabilité.
Document n°902
La faux : un outil réhabilité.
Journées de cours de fauchage à la faux les 16 et 17 juin 2010 à Vevey (Suisse)

Cela permettrait de réapprendre des gestes ancestraux... et dans le cas de la renouée, ce serait un outil parfaitement adapté !

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