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Conférence sur les centres-villes

Publié par Pierre-Emmanuel WECK

Le jeudi 22 juin 2017

Mis à jour le 14 juillet 2017

La conférence du mercredi 21 juin 2017, organisée par le cercle Condorcet avait pour objectif de partager le même niveau d’information sur la situation du centre-ville d’Avallon. Faire la part des choses entre les ressentis (trop ou pas assez de places de stationnement, vacances préoccupantes des commerces…) et la réalité. Le document diffusé par le cercle Condorcet (téléchargeable ici) en début de réunion fait ainsi le point à partir des dernières études commandées par la ville et disponibles au service urbanisme.

Il en ressort qu’Avallon se maintient relativement bien, mais pourrait basculer, car rien n’est acquis.

Monsieur Philippe Bodo, architecte et directeur du CAUE de l’Yonne, conférencier de la soirée, nous a alors livré une grille d’analyse assez utile pour permettre de réfléchir de manière globale à des pistes d’améliorations.

  • La dimension médiatique, l’émotion éprouvée, l’histoire (construire un récit, une scénographie de la ville…) ;
  • Ergonomie, les usages, l’expérience utilisateur (qualité de service, accessibilité aux handicapés, propreté…) ;
  • La sociologie, l’identité (l’appartenance à un groupe social, l’image de soi…) ;
  • L’économie, les prix, le rapport qualité-prix (relocalisation de l’économie, coopérative d’usagés ou d’habitants…).

Plusieurs personnes du public sont intervenues pour rebondir à l’invitation du conférencier à développer la participation des citoyens sur les plans de l’expertise, des propositions ainsi que financièrement (mais différemment de ce que l’on constate habituellement qui est surtout une parodie de concertation). L’une a rappelé les ratés de la municipalité en ce qui concerne l’aménagement de la place à l’entrée de la vallée, pour laquelle une contre-proposition avait pourtant été publiée sur valleeducousin.fr (notamment pour le choix des essences et la végétalisation).

Un autre intervenant a parlé de l’implantation d’un panneau annonçant que tel jardin était un refuge LPO en se trompant sur le nom de l’oiseau illustrant le panneau tout en glissant quelques fautes d’orthographe… et de s’étonner que la représentation locale de la LPO n’eût pas été mise au courant de cette initiative…

Une troisième personne est intervenue, plus largement sur l’avenir de la ville en évoquant l’avenir de l’hôpital, de la gare SNCF, des écoles, de la pérennité de l’emploi de certaines grandes entreprises (notamment les pneux Laurent) et de l’impact qu’il y aurait à leur disparition. En effet, quand on discute avec les employés de la gare, tous disent qu’elle va fermer, à une certaine époque les pneus Laurent semblaient menacés ainsi que SKF et les discussions avec des agents de l’hôpital font souvent remonter l’impression que le personnel est sous pression avec de fortes craintes de restrictions budgétaires, le changement de gouvernement fait aussi redouter le fait que l’IRM promis à la ville pourrait être remis en question…

Mais plutôt que de chercher à rassurer sur ces questions fondamentales, le représentant de la ville a préféré botter en touche en disant qu’il ne faisait pas de la « politique fiction ». Cette réponse méprisante est apparue surtout comme un déni de réalité. Si les élus ne sont pas là pour faire de la prospective, y compris réfléchir aux scénarios catastrophes, à quoi servent-ils ?

Les interrogations soulevées par ces questions font partie des bruits qui circulent dans Avallon. S’ils sont sans fondement, pourquoi ne pas y répondre simplement puisque c’était le but de cette première réunion (confronter les ressentis de la population avec les dernières études disponibles menées par la ville) plutôt que de donner l’impression de cacher les réponses ?

On se doute bien que la municipalité y a réfléchi et a su par le passé agir pour maintenir ou développer ces équipements (comme exemple de l’IRM pour l’hôpital). Cette manière de répondre est malgré tout symptomatique de la cassure du monde politique avec la population et, de manière d’autant plus ironique, que le débuté-maire sortant, battu aux dernières élections, avait su rallier un mouvement porteur d’un discours de rénovation, de participation de la société civile aux affaires politiques qui aurait dû lui ouvrir un boulevard pour sa réélection…

Avallon est une ville très attractive par la beauté de son environnement, par la richesse de son patrimoine, son offre culturelle variée, mais aussi parce qu’il y a un hôpital pour une population vieillissante et qui souhaite attirer encore davantage les personnes âgées dans le centre-ville ; une gare SNCF permettant de maintenir un lien fort avec la Capitale pour les nombreux retraités venant de la région parisienne, les actifs du tertiaire et pourvoyeuse de touristes… Sinon, il y a plein d’autres villes tout aussi magnifiques en France où aller s’installer.

La municipalité a donné la sensation d’être une forteresse assiégée, communiquant peu ou mal avec l’extérieur (pas de réponse aux courriers envoyés en mairie sur des questions scolaires par exemple), ne voulant pas que le monde bouge autour d’elle.

Fort heureusement de très bonnes nouvelles ont aussi été annoncées par la municipalité comme l’extension de la période de piétonnisation de la rue principale (les weekends lors des vacances, mais aussi pendant le reste de l’année pour arriver à une piétonnisation totale (tout en prenant en compte les différentes questions des livraisons, de la circulation des riverains, etc. D’où le temps qui peut sembler long de cette mise en place).

D’autre part les réaménagement et végétalisation des places de l’hôtel de ville, de l’impasse du Collège devant l’église Saint Lazare, la place des Terreaux Vauban devant l’hôpital… comme point de repos sur la promenade piétonne du centre ville.