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Aménagement dans la vallée du Cousin : critiques et propositions constructives

Publié par La rédaction

Le mardi 4 février 2014

Mis à jour le 1er mai 2015

Voici nos réactions... un peu tardives... aux plans d’aménagements publiés le 30 décembre. Nos critiques : trop d’arbres plantés trop serrés et des essences ornementales exotiques inappropriées, avec des problèmes d’entretien en perspective. Nos propositions constructives : planter moins d’arbres, plus espacés, avec des essences locales gérées en port semi-libre, pour un coût d’entretien moindre sur le long terme et une meilleure cohérence paysagère.

Lors de notre réunion du lundi 27 janvier à la Mairie, nous avons pu cordialement échanger nos points de vue sur ces projets d’aménagement.

Pour ce qui est de la rue des deux Cousins, le plan semble avoir subi quelques modifications : nous attendons la nouvelle version pour la communiquer.

Mais voici, en quelques mots, l’essentiel de notre point de vue en ce qui concerne la place Pro, située juste avant le pont des Châtelaines. Les plans de masses ci-après, surchargés par nos annotations (sous forme de bulles), peuvent être agrandis d’un simple clic.

Le problème de ces plans fournis par l’Atelier du Triangle, c’est qu’il ne représentent pas les arbres adultes. Cela nous semble pourtant essentiel pour voir le résultat sur la durée : quand on plante des arbres, il faut se projeter dans le temps !

C’est pourquoi nous avons ajouté les diamètres adultes avec des cercles rouges. Pour ce qui est des Sophora, la moyenne courante est de 15 mètres de diamètre.

Pour rappel, voici la géoposition de la place en question :
<geoportail|mode=GEOP|ortho=1|carto=0.5>
<art104|geoportail|center>

Nos critiques sur le projet actuel

Projet d’aménagement de la place Pro : nos critiques
Trop d’arbres plantés trop serrés et des essences ornementales exotiques inappropriées, avec des problèmes d’entretien en perspective.

Le plan ci-dessus montre clairement que les Sophoras sont trop serrés : il faudra nécessairement une taille contraignante, coûteuse et répétitive pour empêcher qu’ils ne s’emmêlent, avalent les réverbères ou dépassent sur la route. Or cette essence plagiotrope est connue pour être particulièrement complexe et technique à tailler : il faudra des équipes particulièrement compétentes... Même en gardant seulement deux Sophoras par rangée de places, on risque d’avoir des problèmes sur le long terme.

Sinon, concernant le choix des essences, nos élus avaient apparemment bien demandé des espèces locales lors de la commande au bureau d’études... et cela pourrait donc encore changer. En attendant, dans la partie suivante, voici nos propositions.

Nos propositions : des essences locales mieux plantées

Projet d’aménagement de la place Pro : nos propositions
Moins d’arbres, plus espacés, avec des essences locales gérées en port semi-libre, pour un coût d’entretien moindre sur le long terme et une meilleure cohérence paysagère.

Une préférence pour les essences locales

Sur ce dernier plan, nous proposons de ne planter qu’un seul arbre par rangée de places de parking. Parmi les essences locales, que nos élus avaient souhaitées, nous proposons l’érable plane ou l’érable sycomore : pour cela, il faudrait vérifier l’acidité du sol.

Autre point important : le vieux noyer, apprécié par tous les habitants du quartier depuis plusieurs générations, a déjà été mutilé par des tailles inappropriées. Il ne survivra pas, ou mal, aux travaux. Pour garder une continuité, nous proposons de planter un nouveau noyer au milieu de la pelouse, comme arbre remarquable.

Les trois Tilia mongolica pourraient être avantageusement remplacés par deux cerisiers d’essences différentes. Enfin, en lieu et place des Pyrus nous proposons simplement des noisetiers et/ou des aubépines.

Enfin, à la place des poiriers décoratifs (Pyrus calleyriana), on pourrait simplement mettre des noisetiers, habitats intéressants pour l’entomofaune auxiliaire bio, tout comme le noyer commun bien-sûr.

Préparation des fosses de plantation et protection des arbres

Quelques soient les essences choisies, il nous semble important de rappeler l’importance de la préparation des fosses de plantations.

Des arbres plantés serrés et fortement taillés n’occasionnent pas nécessairement moins de problèmes racinaires sur les enrobés que des arbres laissés en port libre. En fait, c’est surtout la fosse de plantation et le choix du revêtement [1] qui déterminent le mode de développement des racines... et l’avenir de l’arbre.

Prévoir un espace de sol prospectable suffisant permet d’éviter bien des problèmes par la suite : un volume de 9m3 peut-être considéré comme un minimum acceptable, l’idéal se situant plutôt dans les 12m3. Si l’on veut atteindre ces volumes plusieurs cas de figure :

  • Soit l’on décide d’optimiser la surface de stationnement au détriment de la surface de la fosse et dans ce cas on utilise communément un mélange terre-pierre, qui assure la stabilité du parking, préserve le sol du compactage et offre des passages pour les racines. Et l’on ajoute par-dessus un revêtement perméable, de type dalles à joints creux. Contrainte : pour sécuriser l’investissement sur le long terme, la mise en œuvre demande à être soignée ;
  • Soit l’on décide simplement de réserver, autour de l’arbre, une surface de 6 à 9 m2 avec une profondeur de fosse de 1,5 mètre. Dans notre proposition, le fait d’enlever 4 arbres sur 6 devrait suffire à dégager cette surface. Pour ce qui est de la mise en œuvre, ces fosses importantes devront évidemment être préparées dès le début du chantier. Quoiqu’il en soit, la fosse ne devra pas être étanche : l’eau ne doit pas stagner à l’intérieur. Au final, sur la terre végétalisée, on pourra prévoir une couche de 8 cm de paillis végétal, avec la plantation d’un couvre-sol pour protéger les arbres des pare-chocs... ou simplement un paillis minéral de type pouzzolane.

Autre point important, sur un parking, c’est la protection des arbres contre les pare-chocs. Là aussi plusieurs solutions :

  • On peut planter, comme proposé ci-dessus, une végétation couvre-sol (arbustes + herbacées), en espérant que les usagers ne prendront pas cela pour une poubelle ;
  • On peut mettre en place un garde-tronc en bois (en douglas du Morvan par exemple).

Conclusion

L’idée générale, c’est qu’il vaut mieux parfois moins planter et mieux planter. Les travaux étant lancés en mars, nous ne savons pas si nos propositions seront prises en compte. En attendant, si vous avez quelques remarques ou questions à ajouter, n’hésitez pas à le faire ci-dessous.


[1Il est avéré que les enrobés bitumeux imperméables, par un effet de choc thermique, produisent sur leur face inférieure une condensation qui attire particulièrement les racines... Et le phénomène s’accentue avec l’étroitesse des fosses. Inversement, en cas de petites fosses totalement étanches, l’arbre ne se développe pas : on produit alors un bonzaï, souvent malade ou inesthétique.

Messages

  • # Message posté le 7 février 2014, par La rédaction
    En réponse à : Fosses de plantation

    Le terre-pierre étant une solution fort coûteuse, nous venons d’ajouter un chapitre sur la fosse de plantation, avec quelques recommandations pour une plantation durable.

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