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« Maux croisés », Une création de la Compagnie de l’Hélix

Publié par La Tannerie

Le mardi 25 mars 2014

Mis à jour le 1er mai 2015

Trois pièces en un acte proposées par La Compagnie de l’Hélix. Deux femmes. Une mise à nu de leurs sentiments au 19ème siècle avec August Strindberg, au 20ème siècle avec René de Obaldia et au 21ème siècle avec Jean-Pierre Siméon.

 Une trilogie, trois auteurs, trois partitions, trois ponctuations

Silences, texte, mises en page, noirs, blancs. Comment les différents rythmes créent les personnages et leur mise en scène.

Une évolution du texte du théâtre sur trois siècles en 3 mouvements rapides et efficaces.

 Le décor : un triptyque

Le décor … simple… une mise en scène efface l’autre : un panneau de 3 m de haut sur 2 m de large, en fond de scène détermine l’espace de jeu.

Les entrées et les sorties se font à Jardin et à Cour de ce panneau réalisé par le plasticien François Sterkel « A4 noir et blanc »

Un parti pris de Noir et de Blanc comme dans une grille de mots croisés.

Les costumes sont en noir et blanc.

La couleur rouge intervient alors de manière « signifiante ».

 La musique

« Chants d’Est », Sur le sentier recouvert par Sonia Wieder –Atherton avec la
complicité de Franck Krawczyk, « jeux d’enfants ».

« La musique dit ce qu’il est impossible de décrire, dit-elle . L’écoute incessante des thèmes defolklore du centre de l’Europe caractérisent l’univers si particulier de compositeurs tels que Janacek, Malher ou Martinu.
Les interpréter, c’est avant tout travailler le rapport à la langue.
C’est une histoire de transmission et j’ai fait appel à Franck Krawczyk pour qu’il m’aide à trouver un chemin parmi elles ou qu’il s’en inspire. »

Cécile Viollet. Metteure en scène :

« Ainsi, pour la musique comme pour les textes , nous nous laissons conduire comme par les chapitres d’un même récit et ce qui est dit est dit pour tous ceux qui n’ont pas la parole . »

 Distribution

  • Actrice : Corinne Bordet
  • Comédienne/Metteure en scène : Cécile Viollet
  • Décor : le peintre plasticien François Sterkel
  • Lumière : Sylvain Petit et François Sterkel
  • Son : Sylvain Petit
  • Mise en scène : Cécile Viollet
  • Assistants : Isabel Boizanté et François Sterkel
  • Chargée de communication : Sophie Jouët

 Les textes

 « La plus forte » de August Strindberg

Un texte du 19ème siècle - Éditions de l’Arche

« Tout, tout, tu m’as tout passé, même tes manies….Ton âme s’est glissé dans la mienne, comme le ver dans la pomme, elle a si bien rongé, creusé, qu’il ne reste plus que l’enveloppe avec un peu de farine noire dedans. »

Les deux femmes furent comédiennes et peut-être amies. Celle qui est mariée maintenant a deux enfants. Le mari, haut fonctionnaire « à la culture ».
L’autre, la maîtresse du mari a renoncé à se marier.

August Strindberg, grand peintre de la psychologie féminine est toujours contemporain dans sa rare connaissance des attentes de la société à l’égard du comportement sexuel et de la moralité. Mariage et famille restent des sujets d’actualité.
« La plus forte » c’est en 1889, après « Mademoiselle Julie », quand le naturalisme du génial Strindberg exprime une réalité sociale en un tableau singulier, c’est une sorte d’expressionnisme moderne.

 « Le défunt » de René de Obaldia.

Un texte du 20ème - Editions Grasset

Tous les jours, Suzanne et Honorine se donnent rendez-vous et incarnent des personnages. Tous les jours elles s’inventent une histoire.
Un jeu de rôles…dérapant, décapant, leur façon à elles d’échapper à la folie d’ennui . L’humour et le langage rapide, efficace, léger , courent le long de réalités quelquefois fort crues. Un homme à la libido hors norme est mort : « Victor nous a quitté… ». Une était sa femme et l’autre fut sa maîtresse . Omniprésence du défunt. Fantasmes…réalités ….tout y passe. Rire et étonnement !
René de Obaldia, poète-romancier, l’académicien sans doute le plus drôle du Quai de Conti est un grand auteur dramatique. Son langage est surprenant. Un sens de l’humour inné (il le revendique), naturel, lui permet de traiter des choses les plus graves, les plus incompréhensibles de la nature de l’Homme. Il est obsédé par le mystère du mal et sa profondeur se nomme légèreté, fantaisie, extravagance, audace, et liberté. Un intermède plein de poésie et de férocité.
Détournement de l’objet. Des chaises deviennent chapeaux...
Une tragédie surréaliste, féroce et drôle.

 « Tu » de Jean-Pierre Siméon

Un soliloque du 21 ème siècle – Editions « Les solitaires intempestifs »
L’espoir toujours fou de vivre l’amour ne serait-ce qu’un instant.
Les cœurs n’arrêtent pas de battre, fort.

Tous les objets des pièces précédentes encombrent le plateau, habillent la mise à nu des sentiments de ces femmes.

 La Compagnie de l’Hélix

La Compagnie de l’Hélix est une compagnie professionnelle installée à Avallon depuis 1996. Elle produit des créations artistiques conjuguant différents arts. Théâtralement, la Compagnie se concentre sur le langage poétique. Avec Virgules, le spectacle s’exportait sur le lieu de travail des gens. Le personnage dérange et s’arrange du quotidien des gens qui travaillent. Avec Les pieds dans le plat, la tête la première, une sieste poétique, le public investit le lieu de vie du personnage qui dormait dans sa vie. Il le réveille. Le public est allongé, se détend. Sur des textes de poètes contemporains.
La Compagnie de l’Hélix se concentre aussi sur les correspondances, la vie des gens, connus ou inconnus.

Question d’amour, ce sont des textes d’auteurs anonymes. Quand, pour la première fois, l’aveu sort du confessionnal.

La sorcière blanche, lettres d’une mère à sa fille. La mère, c’est Calamity Jane. Une vie rare.

C’est sous forme d’ateliers, que la Compagnie se concentre la profération du verbe poétique, prose ou vers…

  • Lire à haute voix : création d’ateliers « Motus et bouche décousue »en quartiers défavorisés.
  • Lectures publiques ; interventions en milieu scolaire.
  • Différentes mises en scènes de textes de théâtres. Les Mardis de La Tannerie.

 Cécile Viollet

Cécile Viollet, comédienne et metteure en scène.

  • A fait les Beaux Arts à Paris (architecture DPLG), l’école Charles Dullin, l’École de l’Ouvroir au Théâtre National de Chaillot.
  • A travaillé pour la scène avec Jacques Lecoq, Maurice Bénichou, Antoine Vitez,
    Le plasticien François Stoerkel, Le musicien Régis Pasquier,
  • Enregistre pour Radio France avec le réalisateur Jacques Taroni, Le compositeur Pierre Henry,
  • A travaillée pour le cinéma avec la réalisatrice Dominique Cabrera.

Après Paris, elle choisit Avallon pour sa qualité de vie.