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Calendrier des semis, plantations et récoltes au potager dans la vallée Cousin, en Morvan

Avec les variétés conseillées pour ce climat particulier...

Publié par Gérard Bernard, Jean-Pierre Chevaux, Thiébaut Jourdain

Le jeudi 17 octobre 2019

Mis à jour le 4 novembre 2019

Jardinières, jardiniers : voici une petite synthèse de tout ce que vous pouvez semer, planter et récolter dans les potagers de la vallée et alentours, à commencer par les fameux jardins en terrasse d’Avallon. Un calendrier visuel, très ergonomique, permet de repérer facilement les travaux de saison. Ce tableau comprend également le nombre moyen de jours de levée, le nombre moyen de graines au gramme et la durée moyenne de germination. Une page destinée à être suivie et améliorée, notamment grâce à vos remarques. Bonne lecture !

Le calendrier : remarques et téléchargement

Ce calendrier a été réalisé par trois jardiniers du coin, ayant respectivement leurs jardins à Chassigny, Avallon et Island.

Nous l’avons d’abord fait pour nous, notamment pour ne rien oublier lors des commandes groupées de graines... mais aussi pour échanger nos expériences du terrain, avec des sols bien différents (arène granitique à Avallon, argile à Island...).

Les plantes sont regroupées par ordre alphabétique de familles, ce qui, après plusieurs essais, s’est révélé être l’option la plus logique. En revanche, les plantes aromatiques utilisées en cuisine ont été réparties à la fin en deux groupes : les vivaces et les non vivaces.

Pour la présentation, nous avons privilégié l’ergonomie visuelle du calendrier tout en se limitant à la largeur d’un format A4 pour un usage pratique sur le terrain.

Les extraits en image présentés ci-dessous, bien que "zoomables", ne sont pas nécessairement très lisibles. N’hésitez pas à commencez par télécharger l’intégralité du calendrier en PDF pour suivre l’article.

Calendrier des semis, récoltes et plantations dans la vallée du Cousin, en Morvan
Calendrier des aromatiques vivaces à cultiver près de la cuisine

Actualisations de cette page

Cette page devrait s’améliorer au fil du temps : vous pourrez y revenir pour surveiller les nouveautés. Nous rajouterons au fur et à mesure des photos de jeunes pousses, afin de repérer la levée le plus tôt possible. Mais également des conseils à base de cas d’exemples concrets issus de nos jardins (échecs et réussites).

Légende : abréviations utilisées par ordre alphabétique

  • Am Amendement en compost conseillé
  • B Bouturer
  • DG Durée optimale de germination (en années)
  • Dis Distances de culture
  • DIV Diviser
  • F Forcer
  • L Germination meilleure à la lumière
  • Lpt Nombre de jours de levée en pleine terre
  • Min Température minimale du sol pour la levée
  • NMG Nombre moyen de graines au gramme
  • O Germination meilleure à l’obscurité
  • P Planter/Repiquer
  • RE Récolter
  • RP Rempoter
  • SA Semer sous abri : au chaud, à l’abri du froid (à la maison ou dans une serre chauffée)
  • SC Semer sur couche chaude
  • SP Semer en pépinière : semis en pleine terre, mais destiné à être repiqué
  • ST Semer en pleine terre

Conseils généraux

  • Préparation du sol en profondeur en amont : désherber soigneusement pour éviter la concurrence et aérer (pas retourner) profondément le sol. L’idéal étant de faire cette opération 15 jours avant, pour que le sol se repose avant le semis... et permettre le faux semis.
  • Amendements : le tableau précise s’il est nécessaire d’enrichir le sol. En règle générale, le compost ou le fumier doit être bien mûr (donc bien décomposé, facile à étaler). De rares plantes tolèrent un compost ou un fumier frais. Posé sur le sol aéré, cet amendement sera enfoui à l’aide d’un croc.
  • Faux semis : l’idéal est de pouvoir préparer le sol 15 jours avant le semis. Cela permet de faire germer toutes les graines indésirables que l’on a fait remonter en préparant le sol... et de les désherber facilement avant le vrai semis. C’est une opération très efficace.
  • Préparation de la surface à la dernière minute : juste avant le semis, un affinage de la surface sol par un léger ratissage est utile si vous semez de petites graines.
  • Semis de surface : Évitez les semis trop profonds : n’enterrez pas les graines au-delà de 1,5 à 2 fois leur épaisseur : plus la graine est grosse, plus ses réserves de départ, permettant à la plantule de sortir de terre, sont importantes. Le mieux étant qu’elles soit le plus proche possible de la surface du sol, comme cela se produit lors des semis naturels ou spontanés : on appelle cela le
    "semis de surface".
  • Eau : privilégiez l’eau de pluie, en regardant la météo. Rien de tel qu’un semis qui précède une série d’averses. Pour l’arrosage manuel, utilisez un arrosoir avec une pomme pour un arrosage fin : attention à ne pas déterrez les graines. Il faut maintenir le sol frais jusqu’à la levée car elles ont besoin d’eau se réactiver, gonfler... et germer. Mais frais ne veut pas dire détrempé, sinon les graines pourrissent. Touchez votre sol, vous saurez ce qu’il en est. Attention également aux chocs thermiques : la température de votre eau ne doit pas être trop éloignée de celle du sol. Pour cette raison, un arrosage matinal est généralement conseillé. Surtout pas en plein soleil.
  • Gare à la couverture du sol : si une couverture (paillage... etc) peut faciliter la levée de certaines graines qui germent mieux à l’ombre, il est conseillé de la retirer rapidement juste après la sortie de terre, le temps que la plante prenne de la hauteur. Car cette couverture peut servir de cachette à des ravageurs de plantules. Vous pourrez la remettre dès que les plants seront plus hauts et assez vigoureux, pour protéger le sol de l’érosion. Le bois raméal fragmenté est à réserver aux semis de grosses graines (type courges).
  • Essayez le semis naturel : chaque fois que possible, testez le semis naturel ou spontané, en laissant certains de vos plus beau plants monter en graine... et se resemez sur place. Cela fonctionne bien avec de nombreuses plantes : salade, mâche, carotte, tomate, carde, arroche, amaranthe... Quand les graines tombent vous pourrez en réserver pour avoir vos propres graines. Mais surtout, quand vous apprendrez à repérer leur levée (premières feuilles), vous saurez que c’est le bon moment pour semer vos graines de réserve.
  • Admirez la lune... et surveillez la météo : ne vous focalisez pas sur la lune. Nos expériences de semis "contre-lune" et "avec la lune" ne démontrent rien de significatif. En revanche, surveillez de près la météo, la température, l’état de la nature environnement, qui sont les meilleurs indicateurs de culture. Les meilleurs semis précédent les averses. Les jardiniers disent que le mauvais temps, c’est le temps qui dure.

Quand semer ? L’importance de la température du sol

Ce n’est pas le température de l’air qui compte le plus, mais celle du sol. Inutile d’acheter un appareil pour mesurer précisément la température du sol, ou de vous fier à des croyances sans nuance de type "les saints de glace". Quant à ce calendrier... il n’est qu’indicatif.

Heureusement, la nature environnante donne de bons indicateurs à qui sait l’observer. Par exemple, quand l’Aubépine défleurit, il y a peu de chance pour qu’il gèle à nouveau. Et elle défleurit plus tard à Quarré-les-tombes qu’à Avallon... ce qui est plus précis que les "Saints de glace", géographiquement parlant. Voici quelques indicateurs utiles :

  • Floraison des saules ou des forsythias : sol à environ 6°C. Semis d’épinards, fèves, pois, ail, échalote, oignon...
  • Floraison des narcisses : sol à environ 12°C. Semis des salades, pois, fèves, carottes, navets, radis, choux-raves, persil.
  • Floraison des lilas ou cerisiers : sol à environ 15°C. Semis des concombres, courges, melons, choux, basilic, plantation des pommes de terres.
  • Floraison des roses (en mai-juin) : sol à environ 20°C.

Mais l’indicateur le plus précis, pour chaque plante, est celle du semis naturel ou spontané : si vous laissez les plantes monter en graine, elle se ressèmeront toutes seules et les graines germeront, parfois une ou deux saisons plus tard (comme les tomates), au moment où le sol sera suffisamment réchauffé. A leur levée, vous avez une semaine devant vous pour semer vos graines de réserve.

Alliacées : aïl, échalote, oignon, poireau

S’il y a un truc à retenir avec les alliacées... c’est qu’ils détestent l’humidité ! Donc, pas de paillages sur le sol... pas de voisinage de légumes à grandes feuilles empêchant l’air de circuler... et si possible une plantation sur des petites buttes, permettant au sol de se ressuyer rapidement. Seul le poireau sort un peu du lot. Il apprécie volontiers le voisinage de la carotte.

Alliacées
Premières pousses d’alliacées

Amaranthacées (+ Tétragone) : amaranthe, arroche, betterave, épinard

Remarque : bien qu’elle ne fasse pas partie de la même famille, nous avons ajouté la Tétragone à cette liste, puisqu’elle se consomme comme les épinards... mais en période estivale !

Amaranthacées, dont chénopodiacées + Tétragone
Premières pousses d’amaranthes
Première pousse d’arroche rouge

Apiacées : carotte, céleri, cerfeuil, fenouil, panais...

La reine des apiacées... est sans conteste la carotte, dont le principal parasite est la mouche du même nom. Le semis de la carotte est délicat : les graines craignent l’humidité stagnante et préfèrent de loin l’eau de pluie. Elle vient bien sur les terres drainantes et granitiques du Morvan, pour peu qu’on la sème assez tôt (en avril), peu avant l’annonce de quelques averses. Après la levée, il ne reste plus qu’à éclaircir, le plus tôt et régulièrement possible, sachant que toutes les carottes desserrées peuvent être repiquées. Si l’été arrive trop rapidement au mois de juin... les semis de carotte d’hiver seront assez difficiles à réussir. On peut donc aussi, par précaution, les faire en partie en avril.

Apiacées
Premières et deuxième pousses de carottes

Astéracées : artichaut, cardon, chicorée, endive, laitue...

L’astéracée la plus consommée est la laitue, qui se répartit en trois groupes :

  • les laitues pommées (dont l’une des plus connues est la batavia)
  • les laitues romaines, à la forme allongée, un peu comme un "chicon" (sans pour autant être des chicorées), qui poussent bien par temps chaud et sec
  • les laitues à couper, qui servent par exemple aux mescluns et que l’on peut récolter jusqu’à trois fois sur le même pied.

Le salade se sème bien avec la technique du balai à graines : faites un bouquet des plants que vous avez laissé monter en graines et balayer le sol préalablement préparé où vous souhaitez semer. Cela permettra d’avoir plein de petites salades à repiquer...

Pour l’hiver, rien ne vaut les chicorées, dont la fameuse endive, à condition de les faire blanchir pour enlever l’amertume : pour cela, il convient simplement de les cacher de la lumière du soleil (par exemple au moyen d’un paillage épais).

Astéracées
Première pousse d’artichaut
Premières pousses de laitues

Brassicacées : choux, navet, radis...

L’ennui, avec les brassicacées... c’est que les altises en raffolent. Ce sont de petits insectes sauteurs (comme les puces), qui pullulent en saison sur les terres sèches, transformant les feuilles de choux, navets et radis en fines dentelles. Seul moyen efficace de s’en prémunir : les filet à insectes... ou passer son temps à arroser abondamment.

Perforations d’altises sur feuilles de chou

Sinon, contentez-vous des semis en période plus froide et humide, en automne avec le chou pointu et le radis noir... ou au tout début du printemps avec les radis de 10 jours. En tous les cas, évitez d’installer des engrais verts appartenant à cette famille, telle que la moutarde, dans les zones infestées !

L’autre ravageur connu est la Piéride du chou : c’est un papillon qui vient pondre ses œufs... assez facile à reconnaître et à contrôler quand on repère les chenilles à temps.

Pieris brassicae
Brassicacées
Premières pousses de crucifères

Cucurbitacées : concombre, cornichon, courge, courgette, melon, pastèque...

Les graines de courges facilitent naturellement le semis : il suffit de les enfoncer la pointe en bas, ce qui facilite la pénétration dans le sol. Et c’est à la pointe que la radicelle a prévu de sortir en premier.

Cucurbitacées
Premières pousses de courges

Fabacées : fèves, haricots, pois...

Fabacées
Première pousse d’haricot

Poacées, Polygonacées, Portulacées : oseille, maïs, pourpier

Poacées, polygonacées et portulacées

Solanacées : aubergine, physalis, piment, poivron, tomate

Conseil de Thiébaut pour les tomates : essayez le semis d’automne, en jetant simplement les fruits de fin de saison sur le sol, si possible près d’une surface minérale (bord de mur de soutènement, pierrier). Recouvrez-les d’une vieille planche. Cette dernière évitera les désherbages et protégera toutes sortent de petites bêtes qui greuilleront, gigougneront voire rebeuilleront [1] la terre pour vous pendant l’hiver. Mi-avril ou même avant, retirez les planches et laissez faire : les tomates risquent de germer par groupe très serrées (là où vous aurez jeter les fruits). Il vous suffira de les éclaircir progressivement, avec l’aide des limaces. Les plants donneront des tomates très tard (mi-août) mais sans traitement nécessaire. Surtout, cela vous donnera, d’année en année, des tomates de plus en plus résistantes et adaptées à votre coin. Ce qui n’empêche pas, pour avoir des récoltes plus tôt en saison, de faire vos plants comme d’habitude.

Solanacées
Premières pousses de tomates

Valérianacées : mâche

Pour ce qui est du semis spontané ou naturel, la mâche est une reine ! Si vous la laissez monter en graine au printemps, vous verrez qu’elle repoussera sur les sols tassés, tels que vos allées, dès le mois d’août, après quelques orages. Ce sera alors le meilleur moment pour semer vos graines de réserve.

Valérianacées

Plantes aromatiques non vivaces à cultiver près de la cuisine

Plantes aromatiques non vivaces
Premières pousses d’aneth
Première pousse de coriandre

Plantes aromatiques vivaces à cultiver près de la cuisine

Plantes aromatiques vivaces

[1Termes morvandiaux qui signifient remuer... classés par énergie décroissante : Rebeuiller : remuer fortement ; Greuiller : chercher en fouissant ; Gigougner : remuer gentillement.