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« Projet » d’extension de la décharge de Sauvigny-le-Bois : 9 raisons de dire NON

Publié par SITA PAPEUR

Le dimanche 12 mai 2019

Mis à jour le 16 mai 2019

La consultation du dossier d’extension de la décharge de Sauvigny-le-Bois nous amène à vous donner 9 raisons de refuser ce projet en participant à l’enquête publique avant le Mercredi 15 mai 2019 à 17h00.

« Projet » d’extension de la décharge de Sauvigny-le-Bois : Vue aérienne

1°) Un dossier technique inaccessible aux béotiens

L’extension - triplement au bas mot de l’existant - est légitimée économiquement par l’exploitant pour alimenter sa « superbe unité de production d’énergie verte », mise en service mi-décembre 2018… « Maintenant que l’on a mis une unité de cogénération, il s’agit de la « charger au max » dit Suez entre les lignes d’une presse locale largement dépassée par la technicité de cette I.S.D.N.D. (Installation de stockage de déchets non dangereux), acronyme pratique pour « cacher la merde au chat ».

2°) Une technologie au coût exhorbitant

Suez profite des largesses financières d’une Communauté de Communes pour nous refiler une « usine à gaz » : la prestigieuse unité d’ultrafiltration. La filiale de Suez Aquasource revendique 300 unités dans le monde, exclusivement dédiées au traitement d’eaux particulièrement difficiles. Pour faire court, c’est un marteau pilon en platine pour écraser une mouche (verte).

3°) Une technologie de pointe… totalement inadaptée aux « jus de décharge »

La gestion en volume des effluents aqueux est plus que douteuse. « On traitera la part gérable par l’unité d’ultrafiltration » et « le reste sera réinjecté dans la masse de déchets en macération » assure l’exploitant. Compte-tenu de la réalité des précipitations morvandelles, il est plus que probable que l’exploitant sera chroniquement débordé, au sens propre comme au figuré.
Quant à la charge en pollution dure (nommée DCO, quantifiant les familles de polluants chimiques résistant à un traitement en station d’épuration) ils ont essayé de la diminuer en ajoutant du bois (nécessaire équilibre DBO/DCO pour envisager une dépollution biologique). Ils n’y sont visiblement pas parvenus, d’où le recours au « marteau pilon » aux coûts d’installation, de fonctionnement et de maintenance exorbitants.

4°) Une communication peu honnête

Il y a – depuis des années – enfumage sur ce dossier. Une cogénération du méthane (qu’on baptise biogaz, ça fait plus écolo...) issu de la fermentation n’a jamais été une véritable digestion anaérobie comme la pratiquent (ou la pratiquaient jusqu’au 30 avril ?) leurs voisins de la GAEC Dondine à Provency. Les déchets ne sont pas vraiment valorisés. Le seul ajout est l’utilisation du méthane, déchet inévitable de la décharge, pour produire un peu d’énergie. Autrement dit... sous couvert d’une soi-disante "unité de méthanisation"... on nous vend une décharge classique.

5°) Un contexte économique défavorable de dépenses publiques

Le grandiose projet - pharaonique au moins au plan financier - s’inscrit défavorablement dans un contexte économique de dépenses publiques où, sur la seule commune d’Avallon, les impôts à venir devront déjà permettre de financer deux autres gros chantiers : la piscine (6 millions annoncé) et la mise à niveau de la station d’épuration ‘obsolète’ (près de 1 million d’euros annoncé). [1]

6°) Schiever-Suez : Plus on produit de déchets et plus on est écolo

La chaleur issue de la cogénération intéresse le groupe Schiever. Ainsi, au lieu de demander à Schiever de réduire les déchets à la source… on leur permet en quelques sortes de faire du « greenwashing » selon la logique des Shadocks : plus on produit de déchets, plus on dispose d’énergie verte… Donc plus on produit de déchets et plus on est écolo !

7°) Le contribuable, « vache à lait » sur ces problématiques d’environnement

Une fois de plus, le contribuable est traité en « vache à lait » sur ces problématiques d’environnement. En effet la taxe Ordures Ménagères, déjà prohibitive, n’a pas prouvé son efficacité en terme d’incitation : on trouve toujours et encore des poubelles grises au bord de nos routes de campagne et moultes décharges sauvages de gravats de BTP/artisans locaux. Les refus de tri, sur Avallon, sont au final ramassés par les employés municipaux.

8°) Une décharge déjà bien assez grande

Les habitants de Sauvigny supportent depuis quarante ans une décharge qui gère dix fois les déchets de l’Avallonnais, et se refusent à signer pour 20 ans supplémentaires pour un monstre deux tiers plus grand. Sauvigny n’a pas vocation à gérer les déchets de la moitié de l’Yonne plus une partie de la Côte-d’Or et de la Nièvre.

9°) La politique du "Fait accompli"

Dans l’Yonne Républicaine du 7 décembre 2018, l’article intitulé :
Suez veut lancer de nouveaux projets à l’éco-pôle de Sauvigny-le-Bois, on lit :
"Depuis mars, l’éco-pôle des Battées est doté d’un moteur de valorisation du biogaz." Ceci veut dire que Suez a déjà investi, en mars 2018, dans une installation de cogénération dimensionnée pour les projets futurs (sur lesquels on nous demande notre avis actuellement), alors qu’elle n’a pas reçu d’autorisation d’exploiter au-delà de 2019. En d’autres termes, l’enquête publique à laquelle nous répondons maintenant est en fait une formalité accessoire, et il était déjà décidé de prolonger cette exploitation.


Voir en ligne : Participez dès maintenant à la consultation publique !


[1Avallonmag, avril 2019 page 5.