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Manger écologique ? Oui mais comment ?

Publié par Frank, Pierre-Emmanuel WECK

Le mardi 19 février 2019

Mis à jour le 4 mars 2019

Le 8 février 2019 avait lieu le second atelier du programme « Manger sain, bon pour la planète et petit budget », organisé par l’association Traverses et le Jardin Partagé. Il était animé par Virginie Coutance en présence d’une vingtaine de participants.

Le tout premier atelier se tenait la semaine précédente autour de la diététicienne Fabienne Creuzet. A cette occasion, les sept groupes d’aliments ont été passés en revue, ainsi que leurs apports respectifs en protéines, glucides, lipides, vitamines, sels minéraux et oméga. Occasion de repartir des bases, qui n’ont pas toujours été entièrement acquises.

Le second atelier s’intitule : « Manger écologique ». Virginie Coutance commence par un tour de table sur les attentes. Pourquoi sommes-nous là demande t-elle ? Eh bien : « Pour apprendre des choses, faire des rencontres, comprendre le bio, découvrir d’autres manières de manger, manger sainement et équilibré, faire la fête » répondent les participants. Virginie débute son intervention en mettant en exergue quelques informations choc. En 1940, il fallait 1 kcal d’énergie fossile pour produire 2,3 kcal de nourriture. En 2014, il en faut 7 kcal pour produire 1 kcal de nourriture. Voyez le problème ? Elle explique que l’agriculture mondiale produit assez pour nourrir 12 milliards d’êtres humains. Or la malnutrition est encore fort répandue. Parmi les raisons : il y a 30% de déchets et une partie de la production est dédiée à l’alimentation animale. Une pomme industrielle d’aujourd’hui contient 100 fois moins de nutriments qu’en 1900. Une orange, 8 fois moins de vitamines, un brocolis 30 fois moins de calcium. Voyez le problème ? Enfin, combien y a t-il de tonnes de plastiques dans les océans ? Environ 270.000.

Quatre ateliers sont proposés. Le premier est dédié aux céréales et légumineuses. Une vingtaine de pots sont répartis sur une table et il faut retrouver l’amarante, avoine, seigle, sarrasin, quinoa, riz brun, riz thaï, haricot azuki, millet, pois chiche, lentille du Puy, etc. Quel que soit l’âge des participants on s’aperçoit que bien des céréales et légumineuses sont inconnues ou peu utilisées. Comme si globalement nous avions pris l’habitude d’en cuisiner trois-quatre sortes, pas davantage. Alors que certaines ont l’air fort exotiques, Virginie remarque que la majorité de ces céréales et légumineuses peuvent être produites en France (de plus en plus de riz est produit en Camargue par exemple), voire dans notre région. « Il suffit que notre expertise et la demande augmente sur les légumineuses pour que les agriculteurs s’y mettent » explique t-elle. Virginie explique l’importance d’associer céréales et légumineuses dans l’alimentation. Cela permet de mieux assimiler les protéines et de constituer une bonne alternative au trop plein de consommation de viande.

Le second atelier est dédié aux fruits et légumes de saison. Des illustrations montrant des séries de fruits et légumes sont proposées. Il est question de trouver le mois correspondant. Les participants tâtonnent, galèrent. Mais tout de même à la fin, on finit par comprendre que moins il y a de production, plus on est sur les mois d’hiver, et plus il y a de production, plus on est sur l’été. On identifie le raisin autour de la fin de l’été, les fraises en mai. Plus difficile de se souvenir que la morille, les endives et les choux rouges sont plutôt caractéristiques de mars, que l’orange le kaki et l’avocat évoquent décembre et la fève et l’asperge sont du printemps. On s’interroge alors. Connaître les fruits et légumes de saison, l’a t-on réellement appris à l’école ? Est-ce que nos parents nous ont transmis ces notions ? Pas toujours. Voilà pourtant l’une des bases de l’alimentation écologique actuelle, pour qui veut essayer d’entendre raison.

Le troisième atelier est dédié au compostage et à l’utilisation d’emballage alternatifs au plastique. Idem, on s’aperçoit lorsqu’on n’a pas encore de composteur chez soi, que ce qui est compostable et ne l’est pas, ne tombe pas sous le sens. On note : les épluchures, coquilles d’œuf, sachet de thé, marc de café, pain rassis, reste de repas végétal (riz, pâtes...), feuilles mortes, c’est bon. Et à bannir ; les viandes / poissons si l’on participe à un compost citadin commun (pour éviter d’attirer rats), les plats préparés, les bicyclettes, les centrales nucléaires. Une participante habitant rue de Paris explique qu’elle vit en appartement et n’a pas de jardin. Elle demande « Comment on fait dans ce cas, et s’il existe un composteur en ville ? ». Il en existe un à la Morlande, mais pourquoi pas un jour en centre ville ? Un projet à creuser. Virginie Coutance demande aux participants quelles options choisissent-ils pour se passer davantage du plastique. Elle a amené des sacs en papier, en tissu, des bocaux de toutes tailles. Chacun s’interroge.

Le dernier atelier sur la viande et les poissons propose des vidéos. On y apprend en passant que les poissons sont bourrés de métaux lourds. Il vaut mieux ne pas en consommer plus de deux fois par semaine avertit un spécialiste.

La discussion finale permet de compléter ce tour d’horizons avec quelques réflexions et informations supplémentaires. Il existe un MOOC des Colibris bien fait sur le « Manger sain et pas cher ». Virginie montre les images du nouveau plan alimentaire du gouvernement canadien, visiblement assez en avance. Dans ce plan adapté aux nouvelles informations et pratiques, le Canada recommande plus explicitement de prendre conscience de ses habitudes alimentaires, de cuisiner plus souvent, savourer les aliments, prendre le temps de manger en famille ou entre amis. Des conseils simples agrémentés d’images de plats plutôt alléchants.

La prochaine séance du 22 février sera consacrée à la question cruciale qui se pose à partir de là : « Commencer manger bon, écologique et petit budget ? ». Virginie distribue des devoirs à faire à la maison consistant à dresser l’inventaire des endroits où l’on s’approvisionne, ses bons plans de foire, cueillette, partage entre amis. Aïe aïe, mieux vaut que cela ne soit pas noté. Pour ce qui est de modifier ces habitudes-là, nous ne sommes souvent qu’au début du chemin.

Article : Frank
Photos : Pierre-Emmanuel Weck