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C’était samedi 15 avril 2017 : le « Petit déjeuner de la Bibliothèque » ayant pour thème « Roman et cinéma ».

Publié par Chocomousse

Le dimanche 16 avril 2017

Mis à jour le 14 juillet 2017

Prochain rendez-vous samedi 20 mai 2017 pour le livre qui a marqué votre vie.

Voici les livres présentés ce jour, disponibles à la Bibliothèque :

« Seul dans Berlin » de Hans Fallada

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Mai 1940, on fête à Berlin la campagne de France. La ferveur nazie est au plus haut. Derrière la façade triomphale du Reich se cache un monde de misère et de terreur. Seul dans Berlin raconte le quotidien d’un immeuble modeste de la rue Jablonski, à Berlin. Persécuteurs et persécutés y cohabitent. C’est Mme Rosenthal, juive, dénoncée et pillée par ses voisins. C’est Baldur Persicke, jeune recrue des SS qui terrorise sa famille. Ce sont les Quangel, désespérés d’avoir perdu leur fils au front, qui inondent la ville de tracts contre Hitler et déjouent la Gestapo avant de connaître une terrifiante descente aux enfers.
De Seul dans Berlin, Primo Levi disait dans Conversations avec Ferdinando Camon, qu’il était ’l’un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie’. Aucun roman n’a jamais décrit d’aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIe Reich, avec un tel réalisme et une telle sincérité.
La nouvelle édition chez Denoël en 2014 avec une traduction de Laurence Courtois, est la version non expurgée par le premier éditeur de RDA Aubfau pour répondre à l’objectif de dénazification, telle qu’écrite par l’auteur en 1947. Une émission de France culture ’La fabrique de l’Histoire’ du 29 janvier 2013 raconte le destin tumultueux de cette oeuvre, dont Denoël racheta les droits ’pour une somme misérable’ et qui suscite depuis un regain d’interêt en Allemagne (290 000 exemplaires depuis 2011 : source Actualitte), mais également à l’international.

 « Mystic River » de Dennis Lehane

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Max-Pol Fouchet

East Buckingham, non loin de Boston, abrite le quartier des locataires, les Flats et celui de petits propriétaires, le Point. Aux Flats, l’avenir des habitants se résume aux allocations chômage de fin de mois. Au Point, on espère se faire une petite vie tranquille loin des voyous de ’Cradeville’. Mais quelquefois, les enfants de ces deux quartiers aiment à se retrouver. C’est le cas de Jimmy Marcus et Dave Boyle des Flats et de Sean Devine de Point. Leurs familles se connaissent car les pères travaillent dans la même entreprise de chocolat… même si le père de Sean est contremaître et celui de Jimmy, simple ouvrier. Un samedi de 1975, alors que les trois gamins se bagarrent dans la rue, deux prétendus policiers descendent de voiture, les sermonnent et se proposent de raccompagner le petit Dave chez lui. L’enfant ne réapparaît que quatre jours plus tard. Tous comprennent et se taisent. Dave, qui a subi le pire, se réfugie lui aussi dans le silence et la culpabilité. Vingt-cinq ans plus tard, l’assassinat de Katie, la fille de Jimmy Marcus, portera en écho le sceau de cet événement tragique et indicible.

S’il délaisse ses personnages habituels (les détectives privés Patrick Kenzie et Angela Gennaro), Dennis Lehane n’abandonne pas pour autant ses thèmes favoris comme l’amour et la trahison, la faute, la culpabilité, le remord et la vengeance et livre là son chef-d’œuvre. ’Mystic River’, dont Clint Eastwood a acheté les droits, c’est Shakespeare au cœur de l’Amérique avec, en son sein, les lumières et les ténèbres des hommes qui se défendent d’être des héros et n’aspirent qu’au bonheur. —Claude Mesplède

« Shutter Island » de Dennis Lehane

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Shutter Island est un îlot au large de Boston où un hôpital psychiatrique semblable à une forteresse accueille des pensionnaires atteints de troubles mentaux graves et coupables de crimes abominables.

Un matin de septembre 1954, le marshall Teddy Daniels et son équipier Chuck Aule débarquent sur cette île pour enquêter sur l’évasion de Rachel, une patiente internée après avoir noyé ses trois enfants.

Dès leur arrivée, les deux policiers perçoivent l’étrange atmosphère de ce lieu clos. Ils comprennent vite que personne ne les aidera dans leur mission et ils se posent plusieurs questions : quel rôle jouent sur l’île les médecins qui dirigent cet hôpital et quelles méthodes expérimentent-ils sur leurs patients ?

À quoi sert le phare qui domine l’îlot et dont l’entrée semble inaccessible ? Persuadés que l’évadée a bénéficié de complicités, les deux marshalls vont ruser pour découvrir tout ce qu’on leur cache mais un message codé laissé par Rachel les enfonce davantage en plein mystère.

Petit à petit, ce drame fait ressurgir chez Teddy des éléments de son passé : il a connu la douleur de perdre sa femme dans un incendie criminel. Mais lorsque Chuck Aule découvre que le pyromane responsable des malheurs de son collègue se trouve interné sur l’île, il s’interroge sur Teddy : celui-ci est-il venu pour enquêter ou pour se venger ?

Dennis Lehane a construit un puzzle diabolique et subtil dans l’intention de jouer jusqu’au bout avec les nerfs de ses lecteurs qui vont s’interroger tout au long d’un récit où les apparences sont souvent trompeuses et la vérité entrevue, contredite au chapitre suivant.

+ DVD « Shutter Island » réalisé par Martin Scorsese

DVD disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

En 1954, l’inspecteur de la police fédérale Teddy Daniels (Leonardo DiCaprio) et son nouvel adjoint Chuck Aule (Mark Ruffalo) débarquent sur Shutter Island, un îlot sinistre au large de Boston, qui abrite un hôpital psychiatrique réservé aux plus dangereux criminels. Ils sont chargés d’enquêter sur la disparition mystérieuse d’une femme coupable de triple infanticide. Mais, avoir rencontré les médecins responsables de l’endroit, Teddy Daniels est convaincu que ceux-ci ne disent pas toute la vérité . Comme ’Mystic River’ et ’Gone Baby Gone’, ’Shutter Island’, sur les écrans début 2010, est adapté d’un roman de l’écrivain américain Dennis Lehane. Les ambiances de film noir, virant peu à peu vers l’horreur gothique, ont séduit Martin Scorsese, qui retrouve ici pour la quatrième fois Leonardo DiCaprio, son acteur fétiche. Dès l’ouverture, on est happé par l’atmosphère étrange et anxiogène qui émane de ce lieu hostile, battu par les vents. Très vite, il apparaît que la quête de la vérité entamée par l’inspecteur Daniels, vétéran de la seconde guerre mondiale, hanté par un passé douloureux, va le forcer à se dépasser lui-même. La mise en scène hitchcockienne et furieusement baroque de Martin Scorsese ne laisse aucun répit au spectateur. On pourra reprocher au film ses quelques longueurs et quelques effets grandguignolesques, mais cette plongée dans la folie qui propulse dans un labyrinthe émotionnel éprouvant tient sauvagement en haleine. Dominée par un Leonardo DiCaprio bouleversant, l’interprétation fait un sans-faute (Mark Ruffalo est particulièrement excellent). On saluera également la photo de Robert Richardson, et une bande originale très suggestive composée de musiques allant de Gustav Mahler à Brian Eno.

« Oh ... » de Philippe Djian

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac et à la Bibliothèque Max-Pol Fouchet

« Décembre est un mois où les hommes se saoulent – tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s’enfuient, gémissent, meurent... »
’Oh...’ raconte trente jours d’une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mort se court-circuitent à tout instant.

« Les âmes grises » de Philippe Claudel

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Une jeune enfant est retrouvée morte, assassinée sur les berges engourdies par le gel d’un petit cours d’eau. Nous sommes en hiver 1917.

C’est la Grande Guerre. La boucherie méthodique. On ne la voit jamais mais elle est là, comme un monstre caché. Que l’on tue des fillettes, ou que des hommes meurent par milliers, il n’est rien de plus tragiquement humain.

Qui a tué Belle de Jour ? Le procureur, solitaire et glacé, le petit Breton déserteur, ou un maraudeur de passage ?
Des années plus tard, le policier qui a mené l’enquête, raconte toutes ces vies interrompues : Belle de jour, Lysia l’institutrice, le médecin des pauvres mort de faim, le calvaire du petit Breton... Il écrit avec maladresse, peur et respect. Lui aussi a son secret.

Les âmes grises sont les personnages de ce roman, tout à la fois grands et méprisables. Des personnages d’une intensité douloureuse dans une société qui bascule, avec ses connivences de classe, ses lâchetés et ses hontes.

La frontière entre le Bien et le Mal est au cœur de ce livre d’une tension dramatique qui saisit le lecteur dès les premières pages et ne faiblit jamais. Jusqu’à la dernière ligne.

+ DVD « Les âmes grises » : un film d’Yves Angelo

DVD disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Au cours de l’hiver 1917, dans un village de l’Est de la France, proche du front, une enfant est retrouvée assassinée. Les soupçons reposent sur le procureur Destinat (Jean-Pierre Marielle), figure imposante et mystérieuse. Mais le juge Mierck (Jacques Villeret) en charge de l’enquête, semble plus désireux de fabriquer un coupable, plutôt que rechercher la vérité… Très fidèle au roman de Philippe Claudel, Prix Renaudot 2003, le film d’Yves Angelo se révélait en 2005 aussi gris que son titre. L’impression de mort qui rode engendre un malaise palpable, malgré les effets esthétisants. Quand les personnages ne sont pas énigmatiques, ils sont carrément odieux, tel le juge Mierck lorsqu’il déclame “Ce qui est fascinant dans la guerre, c’est moins ce qu’elle montre que ce qu’elle dissimule…” Le désir d’Yves Angelo de rendre justice au livre est manifeste, mais cette fidélité entrave quelque peu la liberté et le souffle du film, qui paraît souvent académique et empesé. Mention spéciale à la photo et à sa tonalité de gris métalliques. Interactivité : 4/5 Interviewés sur le vif du tournage, Jean-Pierre Marielle et Jacques Villeret (décédé en janvier 2005, soit neuf mois avant la sortie du film en salles) livrent leurs impressions, et un bon making of de 20 minutes dévoile la présence constante sur le plateau de Philippe Claudel, auteur du livre et coscénariste du film.

« Le chat du rabbin » de Joann Sfar – 6 tomes

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Tome 1 : Le Chat du Rabbin, c’est Alger et le quartier juif au début du siècle. Celui qui regarde ce monde et qui raconte, c’est ’Le Chat du Rabbin.’ Tout de suite, il explique pourquoi le Rabbin n’a pas plutôt un chien : ’ça fait tellement longtemps que les juifs se font mordre, courir après ou aboyer dessus que, finalement, ils préfèrent les chats.’ Le chat mange le perroquet de Zlabya, la fille du Rabbin, et du coup, le voilà doté de la parole et exigeant de faire sa bar-mitzva. Les discussions vont être longues tant avec le Rabbin lui-même qu’avec le Rabbin du Rabbin. Ce chat, qui a une allure graphique à pleurer de rire, tantôt matou tendre amoureux de sa maîtresse, tantôt sournois filou, tient tête à tout le monde et ergote à n’en plus finir. Il ne se calme que dans la douceur des bras de sa maîtresse. Mais il lui est interdit de lui parler, alors il nous confie : ’c’est la condition, si je veux rester avec elle. Ça vaut le coup de fermer sa gueule pour être heureux’. Ceci ne l’empêchera pas de se mettre sur la piste des étudiants qui fréquentent l’école du Rabbin, car l’un d’entre eux a le désir d’épouser la jolie Zlabya.

+ DVD « Le chat du rabbin » de Joann Sfar

DVD disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Alger, années 1920. Le rabbin Sfar vit avec sa fille Zlabya, un perroquet bruyant et un chat espiègle qui dévore le perroquet et se met à parler pour ne dire que des mensonges. Le rabbin veut l’éloigner. Mais le chat, fou amoureux de sa petite maîtresse, est prêt à tout pour rester auprès d’elle... même à faire sa bar mitsva ! Le rabbin devra enseigner à son chat les rudiments de la loi mosaïque ! Une lettre apprend au rabbin que pour garder son poste, il doit se soumettre à une dictée en français. Pour l’aider, son chat commet le sacrilège d’invoquer l’Eternel. Le rabbin réussit mais le chat ne parle plus. On le traite de nouveau comme un animal ordinaire. Son seul ami sera bientôt un peintre russe en quête d’une Jérusalem imaginaire où vivraient des Juifs noirs. Il parvient à convaincre le rabbin, un ancien soldat du Tsar, un chanteur et le chat de faire avec lui la route coloniale...

César 2012 du Meilleur Film d’Animation

« Aya de Yopougon » de Marguerite Abouet – 6 tomes

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Tome 1 : Côte d’Ivoire, 1978. Aya, dix-neuf ans, vit à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan. Ça sent le début des vacances mais très vite les choses vont commencer à se gâter…’Dans les années 1970, la vie était douce en Côte d’Ivoire. Il y avait du travail, les hôpitaux étaient équipés et l’école était obligatoire. J’ai eu la chance de connaître cette époque insouciante, où les jeunes n’avaient pas à choisir leur camp trop vite, et ne se préoccupaient que de la vie courante : les études, les parents, les amours… Et c’est cela que je veux raconter dans ’Aya’, cette Afrique qui subsiste malgré tout car, comme on dit chez nous, ’la vie continue »…’ (Marguerite Abouet).

+ DVD « Aya de Yopougon » de Marguerite Abouet

DVD disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Fin des années 1970, en Côte d’Ivoire à Yopougon, quartier populaire d’Abidjan. C’est là que vit Aya, 19 ans, une jeune fille sérieuse qui préfère rester étudier à la maison plutôt que de sortir avec ses copines. Aya partage ses journées entre l’école, la famille et ses deux meilleures amies : Adjoua et Bintou, qui ne pensent qu’à aller gazer en douce à la nuit tombée dans les maquis. Les choses se gâtent lorsque qu’Adjoua se retrouve enceinte par mégarde. Que faire ?

« De beaux lendemains » de Russel Banks

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

L’existence d’une bourgade au nord de l’état de New York a été bouleversée par l’accident d’un bus de ramassage scolaire, dans lequel ont péri de nombreux enfants du lieu.

Les réactions de la petite communauté sont rapportées par les récits de quatre acteurs principaux. Il y a d’abord Dolorès Driscoll, la conductrice du bus scolaire accidenté, femme solide et généreuse, sûre de ses compétences et de sa prudence, choquée par cette catastrophe qui ne pouvait pas lui arriver, à elle. Vient Billy Ansel, le père inconsolable de deux des enfants morts. Ensuite, Mitchell Stephens, un avocat new-yorkais qui se venge des douleurs de la vie en poursuivant avec une hargne passionnée les éventuels responsables de l’accident. Et enfin Nicole Burnell, la plus jolie (et la plus gentille) fille de la bourgade, adolescente promise à tous les succès, qui a perdu l’usage de ses jambes et découvre ses parents grâce à une lucidité chèrement payée.

Ces quatre voix font connaître les habitants du village, leur douleur, et ressassent la question lancinante — qui est responsable ? — avec cette étonnante capacité qu’a Russell Banks de se mettre intimement dans la peau de ses personnages.

« La ligne verte » de Stephen King

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Max-Pol Fouchet

Octobre 1932, pénitencier d’État, Cold Mountain, Louisiane. Le bloc E, celui des condamnés à mort, reçoit un nouveau pensionnaire : John Caffey rejoint ceux qui attendent de franchir la ligne verte pour rencontrer la chaise électrique, Miss Cent Mille Volts. Mais Caffey n’est pas comme les autres. D’accord, on l’a retrouvé auprès des cadavres ensanglantés de deux petites filles, mais il est étrangement absent. Jusqu’au jour où Paul, le gardien-chef, tombe malade et alors une terrible vérité semble s’esquisser. Qui est ce prétendu meurtrier aux pouvoirs étranges ? Qui dresse Mister Jingles, l’étrange souris, bien trop intelligente ? Quand Paul commence à répondre à ces questions, il sent que personne dans le bloc E ne sortira indemne de la rencontre avec John Caffey.

Renouant avec la tradition des feuilletonistes, Stephen King, le prolifique auteur de fantastique, propose un récit troublant, initialement en six volumes, entre roman noir et conte de fées, dont a été tiré un film, ’La Ligne verte’, avec Tom Hanks. —Lisa B.

+ DVD « La ligne verte » : réalisateur et scénario de Frank Darabont

DVD disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Dans la Louisiane de 1935, des condamnés à mort attendent leur exécution prochaine sous la surveillance de matons plus ou moins sadiques. L’un des prisonniers, colosse noir simple d’esprit et terriblement attachant répondant au nom de John Coffey (Michael Clarke Ducan), semble posséder des pouvoirs surnaturels. Sous le charme et convaincu de son innocence, le gardien vertueux Tom Edgecomb (Tom Hanks) va tout mettre en ouvre pour le sauver. Fable mystique et fantastique, ’La Ligne verte’ est adaptée d’un best-seller en six épisodes de Stephen King, ce qui explique les 3 h 09 de durée du film. Il s’agit de la deuxième ouvre de cet écrivain adaptée par Frank Darabont, qui avait déjà conquis en réalisant en 1994 l’excellent ’Les Evadés’, un premier film marquant magistralement interprété par Tim Robbins et Morgan Freeman. Cette ’Ligne verte’ investit le même décor, mais ajoute fantastique et merveilleux à un univers où l’espoir n’a plus cours. Tel le Christ, John Coffey accomplit des miracles et se joue des injustices. Le film révèle ce comédien étonnant qu’est Michael Clarke Duncan et permet à Tom Hanks de nous refaire son numéro d’humaniste à la James Stewart, registre dans lequel il excelle.Interactivité.

« Le dîner de Babette » de Karen Blixen

Livre lu disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Exilée en Norvège pour échapper aux massacres qui ont suivi la Commune de Paris, Babette est devenue la servante de Martina et Philippa, deux soeurs austères vouées au culte de leur père pasteur. Un jour, elle gagne dix mille francs-or à la loterie et leur demande comme une faveur de la laisser préparer un souper fin à la française. Potage à la tortue, blinis Demidoff, cailles en sarcophages, Clos-Vougeot 1846 en carafes de cristal, ce sera un festin.
Malgré leur serment solennel de ’ purifier leur langue de toute concupiscence ’, les convives de l’aride communauté nordique de Berlewaag céderont peu à peu aux délices de cette chair luxueuse venue du Sud. Et ainsi, ’ de vieilles gens taciturnes reçurent le don des langues ; des oreilles sourdes depuis des années s’ouvrirent pour les écouter. ’ Babette, elle, aura consacré toute sa fortune et déployé tous ses talents dans ce geste généreux de grande artiste.

Stéphane Audran, qui fut l’inoubliable Babette du film de Gabriel Axel, nous initie, avec Karen Blixen, à ce don premier de l’oralité.

« Mon oncle Benjamin » de Claude Tillier

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Le roman est constitué par le récit d’un narrateur rapportant quelques épisodes de la vie du frère de sa grand-mère, Benjamin Rathery, qui est donc en réalité son grand-oncle. Le lieu du récit est Clamecy, l’époque est la fin du règne de Louis XV ou le règne de Louis XVI, au moins dix ans après la bataille de Fontenoy. Le narrateur est le fils de Gaspard Machecourt, fils aîné de la sœur de Benjamin et d’un huissier de justice de Clamecy. Âgé de 28 ans, Benjamin Rathery est un médecin peu convaincu, ne voulant pas payer ses dettes, plutôt amateur de bonnes bouteilles, assez cultivé, portant l’épée, célibataire convaincu. Sa sœur, chez qui il vit, cherche à le convaincre de se marier, ce qu’il accepte à la suite d’un incident de beuverie : il a blessé son beau-frère au cours d’une parodie de duel. Le choix se porte sur la fille d’un autre médecin des environs, Minxit. Claude Tillier, né le 11 avril 1801 à Clamecy (Nièvre) et mort le 12 octobre 1844, fut un pamphlétaire et romancier français. Fils d’un serrurier aux maigres ressources, il réussit à suivre des études au lycée de Bourges grâce à une bourse accordée par la ville de Clamecy. Ses classes terminées, la modicité de sa fortune l’oblige à embrasser la profession de maître d’études à Soissons, puis à Paris. Il raconte dans ses mémoires comment « son bouquet de rhétorique au côté, comme un domestique à la Saint-Jean, il alla offrir ses services aux revendeurs de grec et de latin de la capitale ». Il finit par être renvoyé, et, en 1821, il tombe au sort et effectue un service militaire de six ans. À son retour, il est nommé instituteur puis directeur d’école. Parallèlement, il œuvre comme journaliste à L’Indépendant à Clamecy, puis à L’Association, un journal démocratique de Nevers, pour lesquels il écrit aussi des feuilletons. Ses prises de position à l’encontre des notables locaux lui coûtent son poste de directeur à Clamecy. Il meurt d’une maladie de poitrine et repose à Nevers ; son monument se trouve dans le carré 8 du cimetière Jean-Gautherin. Un buste représentant Claude Tillier est visible à Clamecy.

+ DVD « Mon oncle Benjamin » d’Edouard Molinaro

DVD disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Benjamin Rathery est un libertin du 18ème siècle, médecin de campagne et grand buveur. Son anticonformisme et son insouciance scandalisent sa famille et la bourgeoisie, mais enthousiasment les paysans et les bergères. D’aventures galantes en péripéties rocambolesques, Benjamin trouvera le bonheur avec la divine Manette.

« Les Alsaciens ou les deux Mathilde » de Henri de Turenne

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Max-Pol Fouchet

Voici, de la défaite de 1870 au procès des ’Malgré-nous’, près d’un siècle de l’histoire de l’Alsace, à travers la chronique du village d’Alsheim et de ses habitants.
Mathilde de La Tour n’a pas vingt ans lorsque son mari est tué au cours de la guerre franco-prussienne. L’Alsace devient allemande. Durant près d’un demi-siècle, envers et contre tout, recluse dans son château, Mathilde va incarner la fidélité à la France, qu’elle confond avec le souvenir de celui qu’elle a aimé.
Toutefois, elle ne pourra pas empêcher son fils d’épouser une ’Prussienne’, la jeune Frederike, fille d’un général.
Au village, d’autres familles - les Imhof, vignerons, les Laugel, aubergistes de père en fils - s’accommodent inégalement de la tutelle allemande. mais il faut vivre .Mariages, naissances, deuils continuent de rythmer les années.
La ’revanche’ de 1914-1918 ne lève pas les malentendus. Pas plus que Berlin, Paris ne comprend ces Alsaciens qui ont ’le cœur français et l’accent boche’.
Lorsqu’en 1940 le rideau de fer tombe sur une Alsace que Hitler a décidé de germaniser coûte que coûte, paraît la deuxième Mathilde, bouleversante héroïne de la Résistance, qui incarne à son tour la liberté alsacienne.Mais son sacrifice - et celui de milliers d’Alsaciens - suffira-t-il à délivrer ce peuple du poids de l’Histoire ?
Brassant de multiples destinées, de l’aristocrate prussien Wismar au communiste Seligman, du baron Kempf, l’industriel, à Rachel la juive berlinoise exilée, du résistant catholique Laugel à René Imhof, collaborateur nazi, ce roman adapté de la grande série télévisée de Henri de Turenne, Michel Deutsch et Michel Favart nous fait revivre et comprendre la tragédie d’un peuple déchiré entre deux grandes nations. Tragédie qui ne trouvera son dénouement que dans une Europe enfin réconciliée.

« La Belle et la Bête » de Madame Leprince de Beaumont

Livre jeunesse disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Venue se livrer à la Bête pour sauver son père, la Belle finit par aimer le monstre qui se révèlera alors être un beau prince ensorcelé... Tout le monde connaît l’une ou l’autre des adaptations de ce célèbre conte sous forme de film ou de dessin animé. L’histoire imaginée par Madame de Beaumont est devenue mythique. Elle glorifie la ’beauté intérieure’ qui peut exister dans l’être le plus laid, voire terrifiant, et la valeur de ceux qui, comme la Belle, savent aller au-delà des apparences. Une histoire à vocation édifiante, donc, qui doit son succès au sujet comme à la manière dont il est traité : le merveilleux est constamment présent, et la structure du récit, avec la succession d’épreuves dont l’héroïne doit triompher, reprend celle des récits traditionnels. Un très beau texte devenu un grand classique.—Pascale Wester

+ DVD « La Belle et la Bête » de Jean Cocteau

Il y a bien longtemps, un armateur quasi ruiné vivait avec son fils et ses filles, les pimbêches Félicie et Adélaïde qui martyrisaient la douce et généreuse Belle. Une nuit, après avoir trouvé refuge dans un château mystérieux, le marchand déchaîne la colère du maître des lieux, une créature mi-homme, mi-bête, qui le condamne à mort. Pour sauver la vie de son père, Belle décide de prendre sa place et rejoint la demeure de la Bête...

Voici les livres présentés ce jour qui ne sont pas encore disponibles à la Bibliothèque :

« Tout est illuminé » de Jonathan Safran Foer

Jonathan Safran Foer fait partie de ces écrivains inventifs qui conçoivent la littérature comme ’un désordre des dents’.

Maniant le verbe avec une rare dextérité, il fait subir au langage toutes les distorsions possibles sans que cela jamais ne vire à l’exercice de style ou à l’incompréhension fumeuse.

Parce que ce jeune auteur américain a trouvé en littérature le meilleur prétexte qui soit pour nous entraîner à la suite de ses phrases à l’humour foudroyant : une histoire à raconter.

Une histoire pleine d’accidents banals et d’incroyables résurrections, de bébés sauvés des eaux, d’étudiants égocentriques, de vieillard malheureux, de rabbins pernicieux. De moments graves aussi.

Une histoire donc. Alex, un jeune Ukrainien, vivant aux crochets de sa famille, collectionnant selon ses dires, filles et succès, est entraîné par son père dans un voyage improbable à travers le pays : guider un écrivain juif américain, Jonathan Safran Foer lui-même à la recherche de ses origines et d’un village détruit en 1941 par les nazis.

Si vous ne dépassez pas le premier chapitre (impossible), vous vous direz que l’auteur a bien du talent et de l’humour, pour faire s’exprimer de la sorte son personnage. En entamant le second chapitre, vous penserez que Jonathan Safran Foer est un écrivain profond, véritable, qui aurait bien du mal à dissimuler ses qualités.

Et que dans le difficile exercice d’un premier roman cultivant tous les styles, inventif ou solennel, riche ou effilé jusqu’à l’essentiel, ce nouvel auteur américain frise le génie. —Hector Chavez

« Sin City » de Frank Miller – 7 tomes

Tome 1 : Sorti pour la première fois en France en 1994 (un an après sa sortie en album aux États-Unis), le premier volume de la saga de la « Ville du péché » est considéré comme une des œuvres majeures de Frank Miller, qui a marqué l’histoire de la bande dessinée. Politiciens véreux, prostituées, femmes fatales, voyous et pauvres types se croisent dans les pages de Sin City, composant une fresque cynique et parfois ironique d’une société malade. Hybridation entre roman noir, univers des super-héros et codes du manga, Sin City surprend encore aujourd’hui par son scénario admirablement construit et l’élégance puissante du noir et blanc de Miller. À l’occasion du vingtième anniversaire de sa première sortie, Rackham réédite l’intégralité de la série dans un nouveau format et avec de nouvelles couvertures. Album cartonné, dos rond, tranche-fil rouge… tout pour en faire un collector. Ce premier volet va prendre désormais le titre de The hard goodbye que Miller lui a attribué en hommage à Raymond Chandler.

« Lettres de la guerre » d’Antonio Lobo Antunès

Ces lettres furent écrites par un homme de 28 ans, le jeune Antonio Lobo Antunes, tout juste diplômé de médecine, envoyé en Angola entre 1971 et 1973. Isolé de tout et de tous durant deux ans de guerre coloniale, c’est dans le cadre privé de sa relation avec sa femme qu’il les rédigea, sans penser qu’un jour elles seraient publiées. Elles se présentent à la fois comme le journal de bord d’un médecin hanté par le désir de construire une œuvre littéraire et un document sur le quotidien d’une guerre aussi instable et violente qu’un ciel d’orage tropical. Elles foisonnent d’évocations de paysages africains, de portraits psychologiques des militaires et des indigènes, de poèmes et de confidences passionnées où l’auteur, met son cœur à nu. Enfin, et naturellement, ces lettres sont l’histoire d’un amour déchiré par la séparation, le journal de l’amour absent. ’ Ce sont les lettres d’un écrivain qui croit en sa valeur et qui ne renonce pas à le devenir. (...) Ce sont des lettres, donc. Mais classer ce livre dans le genre épistolaire serait réducteur. Car on y trouve le fil conducteur d’une narration romanesque. ’ (Sara Belo Luis, Jornal de Letras/Courrier International)

« Légendes d’automne » de Jim Harrison

L’intrigue serrée, l’urgence d’une écriture qui déferle comme un torrent sans digue : c’est ’Légendes d’automne’.
Un ouvrage pour le moins impétueux et vivifiant au travers duquel on devine un auteur qui semble s’être jeté dans l’écriture en réponse à un sentiment impérieux, à une nécessité.
De la même manière, l’intensité de la violence est telle que l’on pressent les écorchures de Jim Harrison lui-même. Trois récits qui mettent en scène trois hommes aux prises avec leur vengeance exaltée et finalement sublime.
Si ce recueil d’histoires a permis à Jim Harrison de connaître ses premières heures de gloire, il demeure cependant un ouvrage à part.
Le poète des atmosphères suggérées, le conteur des maux de l’âme, cet écrivain de la retenue ne se révèlera qu’à partir de ’Faux soleil’.
Étonnante dualité d’un auteur qui ne cesse de surprendre et qui à chaque roman sait nous ravir ou nous plonger dans l’intensité d’un récit haletant. ’Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot’

Les résumés des livres sont issus du site http://www.babelio.com