Valleeducousin.fr

Journal > Culture >

C’était samedi 17 décembre 2016 : le « Petit déjeuner de la Bibliothèque » ayant pour thème la littérature allemande

Publié par Chocomousse

Le dimanche 18 décembre 2016

Mis à jour le 5 janvier 2017

Prochain rendez-vous samedi 21 janvier 2017 autour des livres d’auteurs féminins de bandes dessinées.

Voici les livres présentés ce jour, disponibles à la Bibliothèque :

 « Flétrissure » de Nele Neuhaus

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Samuel Goldberg, un vieil homme respecté et influent, est assassiné dans sa riche demeure francfortoise.
Fait troublant : l’autopsie révèle que Goldberg, un rescapé de la Shoah, présentait sur le bras des traces du Blutgruppentätowierung, le tatouage que portaient les membres de la Waffen ss de leur propre groupe sanguin… Bientôt les meurtres se succèdent. Chargés de l’enquête, le très distingué commissaire Oliver von Bodenstein et la très prosaïque Pia Kirchhoff comprennent que les victimes partageaient un terrible secret.
Un polar allemand magistral qui regarde l’Histoire en face. Le meurtre ressemble à une exécution. Qui peut être capable de tuer d’une balle dans la tête un homme de quatre-vingt-douze ans ? Par ailleurs David Josua Goldberg devait connaître son assassin car la police ne trouve aucune marque d’effraction, juste un chiffre mystérieux écrit sur le mur avec le sang de la victime. L’affaire devient plus étrange encore lorsqu’au moment de l’autopsie on découvre, sur le bras gauche de Goldberg, la trace du tatouage effacé de son groupe sanguin.
Comment peut-on trouver sur un Juif, rescapé des camps de concentration, ce signe infamant, celui que portaient tous les membres de la ss ? Avant même que le commissaire Oliver von Bodenstein et sa collègue, l’inspecteur Pia Kirchhoff, aient pu commencer à enquêter, l’affaire leur est retirée des mains par ordre conjoint du ministère de l’Intérieur allemand, et de l’ambassade américaine. Goldberg était en effet devenu citoyen américain après la guerre.
Mais bientôt les meurtres se succèdent, tous plus énigmatiques les uns que les autres. Chaque fois les victimes sont très âgées et le mode opératoire d’une atroce cruauté. Le très distingué commissaire Oliver von Bodenstein et la très prosaïque Pia Kirchhoff ne tardent pas à concentrer leurs soupçons sur une famille très respectée de la haute société francfortoise. Grâce aux relations familiales du commissaire von Bodenstein et à la ténacité toute plébéienne de Pia Kirchhoff, le lecteur pénètre peu à peu dans le monde très fermé de la grande bourgeoisie allemande, qui sait si bien garder ses terribles secrets derrière les grilles de ses magnifiques propriétés.
Avec ce roman, Nele Neuhaus s’est imposée outre-Rhin comme un auteur de polars majeur. Ses livres, vendus en Allemagne à des centaines de milliers d’exemplaires, sont en cours de traduction dans plus de vingt pays.

« Flétrissure » est le 1er roman dans la série des 7 romans écrits en allemand. Seuls 5 ont été traduits en français.

1/ « Flétrissure »
2/ « Blanche-Neige doit mourir »
3/ « Vent de sang »
4/ « Méchant Loup »
5/ « Les Vivants et les Morts »

« Décompression » de Juli Zeh

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Au mois de novembre sur l’île de Lanzarote : un séjour de plongée sousmarine se transforme en un jeu perfide de désir et de haine. L’instructeur, l’indolent Sven, est attiré dans un piège qui lui en apprendra autant sur lui-même que sur les autres. Aucun des protagonistes n’est celui qu’on imagine.

Et la vengeance est un plat qui peut parfaitement se consommer sous l’eau.

Décompression est un thriller intelligent et jubilatoire qui brocarde nos illusions de liberté : un Juli Zeh grand cru et un pur plaisir de lecture.

« Un été à Pont Aven » de Jean-Luc Bannalec

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Max-Pol Fouchet

Pont-Aven. Pierre-Louis Pennec, propriétaire du Central, l’un des hôtels imposants du centre-ville, a été retrouvé assassiné dans son établissement.

Le commissaire Georges Dupin, muté dans le Finistère quelques années auparavant, et très attaché à sa région d’adoption, est chargé de l’enquête.

A première vue, les témoignages de tous convergent, lisses, sans faille. Pourtant, Dupin flaire une piste lorsqu’il apprend que Pennec savait ses jours comptés. Qui sont les héritiers de ce dernier, et que lègue-t-il au-delà de son prestigieux hôtel ?

Depuis le début, il est par ailleurs intrigué par l’aménagement fort sophistiqué du bar du Central : à quoi sert une climatisation aussi perfectionnée, au fin fond de la Bretagne, si ce n’est pour protéger des tableaux ?

En effet, Pennec était en possession d’un Gauguin inconnu à ce jour, d’une valeur estimée à quarante millions d’euros.

Seulement voilà : le tableau n’est plus là, remplacé par une copie d’excellente facture mais qui ne leurre pas la charmante experte que Dupin appelle à la rescousse…

« Le denier bateau » de Siegfried Lenz

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Du héros de ce roman, le jeune Arne, on ne sait rien sinon qu’il n’est plus là : le livre s’ouvre sur son absence, qui hante les premières pages tel un bateau fantôme.

Quelques bribes nous servent de repères, d’indices, mais guère plus : nous saurons juste qu’Arne a été recueilli par le père du narrateur, Hans, après la mort de son propre père. Il faudra toute la tendresse mêlée de pudeur d’un récit pour que la vie d’Arne prenne corps, à rebours, en remontant le cours d’une existence si courte, et pourtant tellement brisée.

Les détails surgissent, et avec eux la lumière : son père s’est suicidé, en emportant avec lui tous les membres de sa famille, sauf lui. Exclu de la mort, sa vie s’est arrêtée une première fois, le laissant ni vivant ni mort. Et l’amour de sa nouvelle famille ne suffira pas à le réintégrer au monde : pour lui, le seul univers restera celui de la marge.

Au fil des souvenirs du narrateur, Arne devient de plus en plus vivant, même si nous savons bien que les pages nous conduisent inexorablement au récit du moment où sa vie s’arrêtera pour la seconde fois. C’est toute la force de ce roman émouvant et toujours juste.

« Le liseur » de Bernhard Schlink

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac et à la Bibliothèque Max-Pol Fouchet

A l’âge de quinze ans, Michaël – le narrateur – découvre l’amour dans les bras d’Hanna, une voisine de vingt ans son aînée ; pendant six mois, il la rejoint tous les jours et partage avec elle plaisirs de la chair et moments de lecture. Mais sa maîtresse, personnage secret, disparaît un jour mystérieusement. Sept ans plus tard, Michaël la retrouve par hasard, alors qu’il assiste à un procès pour crime de guerre, où elle figure au banc des accusés ; il découvre à cette occasion un fait qui pourrait atténuer sa condamnation, mais choisit de n’en rien dire, par respect pour celle qui a marqué si profondément sa vie. Il renouera leur relation au cours des dix-huit années d’incarcération de celle qu’il comprend enfin un peu mieux.

Bernhard Schlink, auteur de plusieurs romans policiers couronnés de grands prix (Brouillard sur Mannheim), signe là une œuvre émouvante. En un style limpide et bref, il narre un amour qui perdure malgré le temps et le regard d’autrui, et qui reconnaît à la littérature une valeur curative. Par-delà l’anecdote, Bernhard Schlink nous invite à réfléchir sur des notions aussi capitales que l’interprétation de la vérité, la responsabilité de nos actes ou la confrontation avec le passé nazi.

Il y a également un DVD « The Reader » disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

« Le joueur d’échec » de Stefan Zweig

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Czentowic, champion d’échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu’à l’entrée en scène de Monsieur B.

Dès lors que cet aristocrate autrichien s’intéresse à la partie livrée entre le champion et les passagers amateurs, la direction du texte bascule.

Par un effet de symétrie, la narration se transforme en un face à face tendu entre un esprit brillant et rapide à l’intelligence abstraite et un cerveau au pragmatisme brutal, incapable de projection véritable. Mise en scène percutante de la résurrection de la folie, cette nouvelle oscille entre ouverture et enfermement.

Dans cette avancée implacable de la stupidité destructrice, allégorie de la victoire du nazisme mais aussi chef-d’œuvre de composition, Zweig s’intéresse peu à la survie du corps, préférant montrer les réactions de l’esprit, qui trouve un symbole parfait dans ce jeu éminemment intelligent mais désespérément stérile.

Publié en 1943, un an après le suicide de son auteur, Le Joueur d’échecs fait figure de testament dans l’œuvre de Zweig.

« L’affaire Collini » de Ferdinand von Schirach

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Hans Meyer, une personnalité respectée de la haute société allemande, est sauvagement assassiné dans sa chambre d’hôtel à Berlin. Quand le jeune avocat Caspar Leinen est appelé pour servir de commis d’office, il rencontre l’assassin présumé, un certain Fabrizio Collini. Il ne comprend pas comment cet ancien ouvrier de chez Mercedes, en apparence un homme sans histoire, pourrait être lié au grand industriel octogénaire, et pourquoi il aurait voulu le tuer. Surtout que Collini se mure dans le silence...

Leinen est d’autant plus troublé que Hans Meyer était aussi le grand-père de son meilleur ami. Quand il commence ses recherches pour défendre son client, il ne se doute pas qu’elles le mèneront au cœur d’un chapitre particulièrement sombre de l’Histoire allemande, dont l’affaire Collini constitue simplement l’épilogue...

« Montecristo » de Martin Suter

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Jonas Brand est reporter vidéo à Zurich. Spécialisé dans les émissions people, il rêve un jour de tourner Montecristo, un long métrage de fiction dont on lui a jusqu’alors refusé le financement.
Lorsqu’il découvre qu’il est en possession de deux billets de cent francs suisses porteurs du même numéro de série - ce qui est a priori techniquement impossible -, il décide de mener l’enquête. Sans le savoir, il se trouve mêlé à une affaire dont il ne mesure pas l’ampleur.

« Le nouveau roman de Martin Suter nous introduit dans le monde interlope de la haute finance suisse. [...] Montecristo n’est pas seulement le tableau profondément pessimiste d’un milieu. Il traite aussi de questions devenues quotidiennes de la vie politico-économique, en Suisse et ailleurs. L’importance vitale des banques pour le système, par exemple, invoquée par les conjurés pour justifier leur campagne de maquillage des comptes. » Sebastian Baltzer, Frankfurter Allgemeine Zeitung

« Haletant thriller financier, [...] Montecristo marque le grand retour de Martin Suter au roman d’investigation métaphysico-policière. [...] La fiction devient entre les mains expertes de Suter une arme de destruction massive. » Olivier Mony

« Schlump » de Hans Herbert Grimm

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Schlump n’a pas dix-sept ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Malgré son jeune âge, il se porte volontaire. Envoyé en France dans une petite commune occupée par les Allemands, il est chargé d’administrer la vie de plusieurs villages. Mais la guerre n’a pas seulement besoin de bureaucrates. Schlump doit rejoindre le front. Crasse, maladie, désespoir, déluge de feu... Le jeune soldat découvre l’enfer des tranchées, l’hôpital, puis les séjours plus paisibles dans les campagnes françaises. Il y croise des filles en mal d’amour, des planqués, des profiteurs, mais aussi des compagnons de misère qui tentent de survivre alors que l’armistice tarde à venir. Paru en 1928, peu de temps avant A l’Ouest rien de nouveaud’Erich Maria Remarque, Schlump a été d’emblée considéré comme un ouvrage pacifiste, d’une immense valeur littéraire et humaine. Brûlé par les nazis dès 1933, puis tombé dans l’oubli, sa redécouverte est aujourd’hui fondamentale

« Emilie, une aventure épistolaire » de Gérard Oberlé

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

De longtemps, je chéris les livres, les vins, les cigares, les chiens et les vauriens. Jamais je n’ai eu à me plaindre de ces préférences, car j’ai largement été payé de retour, ce qui n’eût peut-être pas été le cas si je m’étais passionnément adonné aux duchesses, minets, cigarettes, whiskies et petites sauterelles. Que votre maman vaque en paix, adorable Emilie, aujourd’hui je me bornerai à vous transmettre le virus des livres.

Pendant plusieurs années, Gérard Oberlé a correspondu avec Emilie, jeune élève d’un collège dans lequel il était venu présenter ses livres.

Lettre après lettre, sur un ton bienveillant, intime et complice, l’écrivain aborde à sauts et à gambades toute sorte de sujets : ici l’amour, là le tutoiement, là encore le latin, le gigot ou l’été...

Ce sont des leçons de vie, des lettres sur le vice, c’est une éducation facétieuse et un autoportrait éclaté.

Un roman épistolaire jubilatoire.

« Retour à Zornhof » de Gérard Oberlé

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

C’est l’ultime pèlerinage d’un écrivain insoumis. Henri Schott est un homme des sentiments anciens qui ne reconnaît plus le monde où il vit désormais. Il pressent, en son âme ’ charbonneuse ’, que ce retour à Zornhof, un bourg forestier du plateau lorrain où il avait passé ses étés d’enfant, le porte une dernière fois vers cette terre ombreuse aux confins de l’Est dont il est issu. Passé et présent, réel et rêverie, drôlerie et douleurs se mêlent bientôt en une ronde macabre. Surgissent alors de sa mémoire les âmes bouffonnes ou tragiques de Zornhof : une ’ cow-girl ’ des Vosges, un fils de la forêt, Gus, ’ vidame de la braguette ’, une Baba en sabots qui lance des pierres. Retour à Zornhof est une Odyssée immobile, un voyage d’hiver, tantôt fiévreux. tantôt nostalgique, rythmé par les mélodies du cycle de Schubert. Réconcilié avec lui-même, comme apaisé, Henri Schott pourrait reprendre les paroles de la mélodie : ’ Je suis arrivé au bout de mes rêves. Pourquoi m’attarder parmi les dormeurs ? ’

Ce livre a obtenu le prix des Deux Magots, le Prix Erckmann-Christian et le prix de la découverte Le Figaro Magazine-Fouquet’s - 4ème de couverture LDP 2006

« La grande question » de Wolf Erlbruch

Livre jeunesse disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Le chat, le boulanger, la grand-mère, un marin, une pierre, un canard, d’autres encore et, en fin d’album, la maman : tous apportent leur propre réponse à cette grande question que l’on devine. Qui la pose ? Un enfant, probablement. Chacun, en grandissant, trouvera de nouvelles réponses.

« L’ours qui n’était pas là » de Wolf Erlbruch

Livre jeunesse disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Un ours part pour un voyage initiatique à travers la forêt merveilleuse pour savoir s’il est lui-même. Très à l’écoute, il fait des rencontres qui lui font réaliser que les autres (notamment la vache complaisante, le lézard paresseux, le pingouin pénultième ou encore la tortue taxi), en tout cas, le connaissent bien.

Voici le livre présenté ce jour qui n’est pas encore disponible à la Bibliothèque :

« Le monde d’hier » de Stefan Zweig

Le monde d’hier, c’est la Vienne et l’Europe d’avant 1914, où Stefan Zweig a grandi et connu ses premiers succès d’écrivain, passionnément lu, écrit et voyagé, lié amitié avec Freud et Verhaeren, Rilke et Valéry… Un monde de stabilité où, malgré les tensions nationalistes, la liberté de l’esprit conservait toutes ses prérogatives.

Livre nostalgique ? Assurément. Car l’écrivain exilé qui rédige ces « souvenirs d’un Européen » a vu aussi, et nous raconte, le formidable gâchis de 1914, l’écroulement des trônes, le bouleversement des idées, puis l’écrasement d’une civilisation sous l’irrésistible poussée de l’hitlérisme...
Parsemé d’anecdotes, plein de charme et de couleurs, de drames aussi, ce tableau d’un demi-siècle de l’histoire de l’Europe résume le sens d’une vie, d’un engagement d’écrivain, d’un idéal. C’est aussi un des livres-témoignages les plus bouleversants et les plus essentiels pour nous aider à comprendre le siècle passé.

Rédigé en 1941, alors que, émigré au Brésil, Stefan Zweig avait déjà décidé de mettre fin à ses jours, Le Monde d’hier est l’un des plus grands livres-témoignages de notre époque. Zweig y retrace l’évolution de l’Europe de 1895 à 1941, le destin d’une génération confrontée brutalement à l’Histoire et à toutes les ’catastrophes imaginables’. Chroniqueur de l’Âge d’or européen, Zweig évoque avec bonheur sa vie de bourgeois privilégié dans la Vienne d’avant 1914 et quelques grandes figures qui furent ses amis : Schnitzler, Rilke, Romain Rolland, Freud ou Valéry. Mais il donne aussi à voir la montée du nationalisme, le formidable bouleversement des idées qui suit la Première Guerre Mondiale, puis l’arrivée au pouvoir d’Hitler, l’horreur de l’antisémitisme d’État et, pour finir, le « suicide de l’Europe. » « J’ai été témoin de la plus effroyable défaite de la raison » écrit-il.

Analyste de l’échec d’une civilisation, Zweig s’accuse et accuse ses contemporains. Mais, avec le recul du temps, la lucidité de son testament intellectuel frappe le lecteur d’aujourd’hui, de même que l’actualité de sa dénonciation des nationalismes et de son plaidoyer pour l’Europe.

Les résumés des livres sont issus du site http://www.babelio.com