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Dominique Drouin, un écrivain amoureux de Proust

L’écrivain que nous recevons le 23 mai 2015 !

Publié par RVLE

Le mercredi 29 avril 2015

Mis à jour le 4 mai 2015

Dominique Drouin n’est pas un inconnu des Rendez-Vous du Lire et de l’Ecrire. Il a participé l’an dernier à nos rencontres. Sa culture littéraire, sa finesse, son humour, sa courtoisie ont conquis public et animateurs. Il est cette année l’invité d’un rendez-vous au café le 23 mai et participera aussi aux rencontres des 2, 3 et 4 octobre, lors d’un débat sur « La traduction » sur le thème « Proust et ses traducteurs ».

Un rapport à l’écriture exigeant

Né en 1961, à Rennes, l’écrivain a une formation scientifique, en géophysique, qui n’est sûrement pas étrangère à sa rigueur intellectuelle.
Il commence par enseigner en région parisienne, dans un lycée formant des paysagistes. Puis il travaille durant de nombreuses années sur les systèmes d’informations de grands groupes d’assurance.

Vers la trentaine, son rapport à la littérature change. Un événement personnel est peut-être le catalyseur de cette mutation. Il se met à lire d’une manière précise, intense et exigeante et se nourrit des grands textes littéraires. Sa biographie sur Babelio retient que Le ’Phédon’ de Platon, notamment, lui laisse un « fort souvenir de puissance textuelle ». Un désir accru de littérature le fait plonger dans ’A la recherche du temps perdu’ de Marcel Proust. Il en devient un adepte féru, un ardent spécialiste et un amoureux fervent.

La lecture de Proust, c’est l’enchantement et la révélation par lesquels ses aspirations s’affirment. D’une lecture attentive, il passe à l’écriture et choisit de délaisser toute autre activité. Ecrire devient une exigence, accompagnée par la lecture constante et renouvelée de son auteur préféré.

Il écrit un premier roman, une histoire d’amour dans la Grèce des colonels, inédit à ce jour. Il le propose à plusieurs éditeurs, dont P.O.L., sans succès.

Cette expérience éprouvante, il en fait le matériau primaire, vigoureusement pétri par l’imaginaire, d’un roman (une fiction littéraire, préfère-t-il dire) : ’Tiroir, tiroir’ (2011).

Celui-ci ne fut proposé qu’à un seul éditeur, qui le refusa après dix mois d’hésitation. Ce qui amena D.D. à se tourner vers l’auto-édition, revendiquée désormais comme le choix de la liberté.

Il crée sa propre maison d’édition, Scriptosum, installée dans le Morvan. Il publie aussi un recueil de nouvelles ’De deux lunes l’autre’ (2014). Et un nouveau roman est sur le métier.

Enfin, il se crée un site web d’un riche contenu : www.scriptosum.fr 

Une lente fabrique de l’écriture

Chez D.D. l’exigence et la rigueur dominent. Son admiration des grands textes, sa fascination de Proust, mais aussi de Gracq et d’autres, le rendent très critique à l’égard d’une certaine littérature et de bon nombre d’auteurs contemporains.

Le rapport au travail minutieux, au temps, pour lui, est fondamental. L’écriture romanesque suppose une période longue d’incubation, de disponibilité totale, d’envahissement par son sujet et ses personnages. Au départ, surgit un thème, puis une idée de structure, puis celle d’une dynamique puis la recherche des mots justes, des phrases harmonieuses. Mais tout cela exige de la maturation, du labeur, impose une lenteur d’écriture et de conception.

Il précise : « J’ai depuis peu une notion très précise de ce qu’est le style, c’est-à-dire, l’écriture littéraire ; elle peut paraître un peu technique, mais je la livre telle quelle.

Je vois un texte littéraire comme un espace à deux dimensions.

La première dimension est celle du discours narratif qui « raconte » dans sa linéarité. C’est la prosa oratio, si l’on veut. Géométriquement, ce serait la longueur.

La deuxième dimension du texte, c’est le style. La forme, la « façon dont c’est écrit » va nimber, donner une « hauteur » à « ce qui est raconté », en l’enrichissant de sens, de beauté supplémentaires. Géométriquement, ce serait la hauteur.

Un texte a ou n’a pas de « hauteur » stylistique.

Et je retrouve là l’affinité de la littérature avec la musique (le style c’est la musique du texte), affinité qui est, pour moi, première (bien avant la peinture, par exemple) »

Il admet qu’il y a toujours dans tout livre, et dans ce qu’il écrit, quelque chose de l’auteur lui-même, mais transposé. Il note beaucoup de choses, d’idées, de thèmes, dans des carnets, des feuilles volantes, qu’il garde, relit reprend, intègre dans son propos.

Un bon livre ?

Qu’est-ce pour Dominique Drouin que la littérature, qu’un « vrai livre » ? Question que l’on aime poser à tous les écrivains…. Sa réponse est immédiate : « 
Un livre qui ne se contente pas de raconter une histoire, mais un livre dont le fond et la forme s’épousent parfaitement. Qui ait un « style », une originalité du regard, un souffle dans l’écriture, quitte à casser quelque peu la syntaxe… »