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Connaissez-vous l’Association de défense du Trinquelin et des rivières du Morvan ?

Publié par L’Association de défense du Trinquelin et des rivières du Morvan

Le jeudi 12 février 2015

Mis à jour le 1er mai 2015

L’Association de Défense du Trinquelin et des Rivières du Morvan est née en 2010 sous l’impulsion de Dominique Castillon et d’une poignée de passionnés par ce milieu vivant unique qu’est une rivière et la biodiversité qu’elle abrite.

 I. Comment et pourquoi l’association est-elle née ?

 Le constat était sous nos yeux : Le lit mineur et les berges du Cousin-Trinquelin sont mal ou pas entretenus.

Les hommes ont peu à peu délaissé la rivière et ses affluents, durant le dernier demi siècle, offrant une vision contemporaine d’une rivière livrée à elle-même.

Le Cousin-Trinquelin n’est plus une rivière sauvage car son débit n’est plus naturel depuis la création du barrage de Saint-Agnan en 1969. Ainsi les crues n’ont plus un rôle suffisamment important sur l’entretien du lit mineur en défaisant les embâcles ou en déplaçant le lit.

Aujourd’hui, plusieurs facteurs font que la rivière s’est écartée de ce mode de fonctionnement naturel et du bon équilibre écologique. Une rivière où l’eau circulerait plus librement, charriant les alluvions au gré des crues et où les espèces aquacoles endémiques pourraient atteindre sans encombre leurs aires de reproduction et de vie.

Nous déplorons, entre autre :

  •  Une accumulation d’embâcles transversaux constitués de troncs d’arbres.
  • De longues sections de rivière où la couverture végétale des branchages ne laisse plus du tout passer la lumière du soleil.
  • La création du barrage de St. Agnan, qui, sans en contester l’utilité, contribue au déséquilibre de la rivière (réchauffement de l’eau, algues qui colmatent les frayères, modification du débit d’eau).
  • La succession de seuils de moulin sans usage économique, pas ou mal gérés.
  • L’abandon de divers matériaux d’origine anthropique.
  • L’absence d’aménagements de certaines installations hydroélectriques.
  • Les pollutions diffuses d’origine ménagère ou agricole.
  • Le piétinement du lit mineur et des berges par les bovins et leurs déjections dans la rivière.
    Etc.

 Du bon sens !

La rivière a été aménagée par l’homme depuis 400 ans et nous ne pourrons jamais retourner à un état complètement ’sauvage’ avec un fonctionnement totalement naturel. Néanmoins, nous pouvons tous être acteur d’un retour progressif vers un bon état écologique de la rivière, avec un cours d’eau et des affluents vivants, plus diversifiés et fonctionnels. Bref, une rivière que l’on considérerait comme un écosystème, source de biodiversité.

L’Association de Défense du Trinquelin appréhende la rivière et son environnement comme un milieu vivant unique, avant toute considération hydraulique. Notre point de vue est loin d’être un cas isolé, car le législateur en a pris acte :

  • Le Cousin-Trinquelin est classé cours d’eau en liste 1 et 2 , article L.214.17 du code de l’environnement, issu de la loi sur l’eau de 2006 (LEMA), depuis le 2 décembre 2012.
  • Un programme LIFE Continuité Ecologique est en cours sur le Cousin-Trinquelin, coordonné par le Parc Naturel Régional du Morvan (PNRM)
  • Le Cousin-Trinquelin possède plusieurs zones classées NATURA 2000.
  • Le Cousin-Trinquelin s’inscrit dans l’objectif européen de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) qui fixe l’atteinte du bon état écologique des cours d’eau en 2015.
    C’est fort de ces convictions, qu’une dizaine de bénévoles au départ, s’est fixé comme objectif de retourner entretenir le lit et les berges du Cousin-Trinquelin.
    Les propriétaires riverains, qui ont l’obligation règlementaire d’entretenir le cours d’eau sans nuire à son équilibre écologique, ne savent pas toujours comment intervenir.

C’est pourquoi, l’équipe de l’Association de Défense du Trinquelin effectue l’entretien des cours d’eau, en accord avec les propriétaires riverains, dans le respect du fonctionnement des écosystèmes aquatiques par des pratiques adaptées et avec les précautions qu’ils méritent.

 II. Entretien rivière

L’Association de défense du Trinquelin s’y emploie, en entretenant le lit et les berges de la rivière en accord avec les propriétaires. Ses adhérents, connaissent très bien la rivière et ses affluents, car ils y travaillent depuis 5 ans à éliminer les embâcles et nettoyer ses berges. C’est pourquoi ils peuvent jouer :

  • un rôle de conseil auprès des riverains en ce qui concerne les bonnes pratiques à respecter, et jouer un rôle d’alerte concernant les dysfonctionnements de certains ouvrages.
  • ils contrôlent régulièrement la température de l’eau, surtout en période estivale où elle peut atteindre des pics mortels pour certains poissons.
  • ils surveillent l’état de la rivière, et sont à même vu leur répartition géographique, d’informer les riverains des dysfonctionnements qui se produisent (assèchement de ruisseau à cause d’une vanne d’étang bouchée, passe à poisson inopérante ou mal entretenue).
  • de même, ils peuvent signaler les mauvaises pratiques : branchages d’élagages abandonnés dans le cours d’eau, vannages intempestifs, etc., et informer les propriétaires d’ouvrages quant aux pratiques à respecter pour ne pas nuire à la rivière.
    Lorsque nous intervenons, nous travaillons ’avec’ la rivière et non pas ’contre’ elle. Nos actions sont réfléchies et mesurées.

Il serait redondant de vous détailler comment nous nettoyons la rivière, alors même qu’un syndicat de rivière a réalisé des plaquettes explicatives d’une très grande qualité sur :

« Les bonnes pratiques de gestion et d’entretien des rivières » et « Comment gérer et entretenir les rivières ? » que nous vous invitons vivement à consulter car c’est exactement ainsi que nous pratiquons.

-  Manuel riverain sornin : mauvaises pratiques, sept-2013
- Manuel riverain sornin : bonnes pratiques, sept-2013

De l’importance de protéger les frayères des ruisseaux :

Tous les ans à l’automne, les truites sexuellement matures entament une migration vers la tête de bassin des rivières pour y rejoindre les ruisseaux et rus affluents du cours principal.

Les raisons biologiques qui les poussent à rechercher ces ruisseaux, appelés aussi ’chevelu’, pour se reproduire sont les suivantes :

  • Pour un linéaire identique, un ruisseau possède une superficie de zones de frayères avec une granulométrie adéquate (gravier-galet diamètre 0.5 à 25 mm. en moyenne), nettement supérieur au lit mineur de la rivière.
  • Les vitesses d’écoulement de l’eau (20 à 60 cm/sec.) et la hauteur de la lame d’eau (5 à 30 cm.) sont souvent réunies pour un creusement efficace du ’nid’ par la femelle.
  • La circulation de l’eau dans le gravier propre et non colmaté par les limons, permet une oxygénation parfaite des œufs.
  • Les fonds des ruisseaux sont beaucoup plus stables face aux crues.
  • La prédation des œufs et alevins est faible par rapport à la rivière.

On comprend aisément que les obstacles à la migration des truites vers les frayères des ruisseaux conditionnent fortement le rendement de la reproduction, donc du stock de juvéniles du cours d’eau.

Par conséquent, une attention particulière doit être apportée lors de l’entretien des ruisseaux qui doit ternir compte de l’équilibre fragile de ce milieu. En pratique, seul les embâcles transversaux qui posent des problèmes d’accessibilité aux frayères, sont à gérer.

 III. L’eau du Cousin-Trinquelin : un bien commun, inaliénable, et un enjeu pour tous

L’eau est indispensable à la vie sur terre, vie animale comme vie végétale. Nous vivons dans ce qu’il est convenu d’appeler la zoo-sphère, où toutes les formes de vie sont interdépendantes, celle de l’homme comme les autres.

L’eau est un bien commun, elle fait partie du patrimoine de la nation, et son usage appartient à tous. C’est pourquoi il est de l’intérêt de tous de la préserver, sous toutes ses formes, tant en quantité qu’en qualité.

En droit, l’eau et ce qu’elle contient (animaux, alluvions, etc.) sont res nullius (la chose de personne).

Donc personne ne peut se l’approprier, on ne peut que l’utiliser, et on doit la restituer sans en dégrader la qualité, de façon à ce que les utilisateurs en aval en aient la même jouissance. Cela s’applique aux animaux et aux alluvions, dont la libre circulation doit être assurée.

C’est pourquoi contrairement à une idée reçue, les riverains d’une rivière de première catégorie, s’ils possèdent le fond de la rivière, n’en possèdent ni l’eau, ni la faune, ni la flore. S’ils ont dessus un droit d’usage, ils ont aussi le devoir de ne pas les dégrader.

En ce sens, les riverains ne doivent pas y répandre ni laisser échapper pesticides, ou tout autre produit nocif (eaux usées non traitées, d’éjections humaines ou animales). Ils doivent en entretenir le lit et les berges de façon à assurer la libre circulation de l’eau et de ce qu’elle contient.

Les propriétaires d’ouvrages (moulins, étangs, etc.) ne sont donc pas libres de faire ce qu’ils veulent : ils doivent respecter les lois et règlements d’eau, les arrêtés préfectoraux, et en règle générale les bons usages concernant les manœuvres d’ouverture et fermeture des vannes, les vidanges, les curages d’ouvrages, etc.

Les indicateurs de bonne santé du Cousin/Trinquelin sont connus : truite, moule perlière, chabot, lamproie de planer, etc, sont des espèces sensibles à la qualité de l’eau : température, écoulement, pollutions de toutes sortes. Leur densité indique leur capacité de reproduction, et par là même la qualité de l’eau.

Il est important de préserver et d’améliorer la qualité de notre rivière.

 IV. Seuils de moulins : L’Effet seuil

Les seuils dans un cours d’eau sont des freins à la circulation des organismes vivants et cloisonnent la rivière en ayant un ’effet/retenue’ qui favorise l’apparition d’un milieu spécifique : la retenue d’eau calme

La spécificité d’une retenue d’eau calme formée par la présence d’un seuil transversal dans la rivière s’observe à plusieurs niveaux.

Tout d’abord, les données physico-chimiques de l’eau changent car l’eau stagnante se réchauffe plus facilement qu’une eau courante, avec pour conséquence principale une diminution de la teneur en oxygène dissous.

Plus l’eau est chaude, moins elle peut dissoudre d’oxygène.

Ce phénomène est d’autant plus accentué que la profondeur de la retenue est faible, ce qui est malheureusement le cas sur le Cousin-Trinquelin, où les retenues ont un taux élevé de comblement par les sédiments.

La profondeur moyenne oscille entre 0.5 m. et 1 m.

Les incidences sur le milieu aquatique s’opèrent à la fois sur les micro-organismes, avec une prolifération d’algues, conduisant à une eutrophisation du milieu plus ou moins marquée, mais aussi sur une sélection des espèces piscicoles et d’invertébrés, où l’on retrouve en majorité des cyprinidés et des carnassiers, s’accommodant d’un taux d’oxygène dissous plus faible.

Les espèces piscicoles endémiques : Truites fario et les espèces d’accompagnement, vairon, chabot, lamproie de Planer, loche, moule perlière, mulette ; ainsi que les invertébrés comme les Éphéméroptères, Perlidés, Tricoptères ; sont absents de ces zones d’habitats.

Le saumon atlantique (Salmo salar) a quant à lui totalement disparu des frayères historiques du bassin de la Cure dans les années 1920....

D’autre part, les retenues d’eau calme favorisent le dépôt sur le fond des sédiments fins, aussi appelés ’fines’, qui sont relargués à chaque ouverture de vanne à l’aval, colmatant les zones de frayères indispensables à la reproduction des truites.

Ces sédiments piègent et concentrent également les métaux lourds et pesticides.

A cela, il faut également ajouter que le rayonnement solaire évapore une quantité d’eau plus importante sur une surface d’eau stagnante que sur une surface d’eau courante.

Les retenues d’eau du Cousin-Trinquelin bénéficient globalement d’un ensoleillement journalier plus important que les secteurs courants (lit plus large et moins de ripisylve), ce qui n’arrange en rien le phénomène d’évaporation. Cf. photos aériennes.

Mais les seuils sont aussi des points de blocage du flux de sédiments, ce qui déséquilibre la dynamique du cours d’eau et entraîne une modification des écoulements et du régime hydraulique.

Ce phénomène est nettement visible sur les moulins de la vallée du Cousin,où les retenues sont fortement comblées et le lit mineur s’incise (se creuse) en aval des seuils faute de rechargement suffisant en alluvions lors des crues.

Ces impacts sont d’autant plus importants que les seuils se cumulent sur un linéaire faible de la rivière. Au niveau d’Avallon, le Cousin-Trinquelin compte 14 ouvrages transversaux sur 2800 mètres, du moulin Cayenne au moulin Boivin, soit un seuil tous les 200 mètres.

 V. L’eau énergie

L’usage de l’eau en tant qu’énergie renouvelable fait apparaître une contradiction entre les objectifs de développement des énergies renouvelables, qui implique une part de développement de la petite hydroélectricité et les objectifs de restauration de la continuité écologique ,qui répond à un contexte réglementaire Européen (DCE) et Français (LEMA 2006)

Ces deux objectifs faisant partie des lois Grenelle. L’Association de Défense du Trinquelin partage la position prise par le législateur à ce sujet dans sa Circulaire du 25 janvier 2010, Annexe I-5 : « d’une manière générale, le développement de l’hydroélectricité par équipement d’ouvrage existants doit être recherché de préférence en dehors de ces cours d’eau prioritaires ». A savoir, les cours d’eau classé en liste 1 et 2, comme l’est le Cousin-Trinquelin avec tous ses affluents.

Nous partageons d’autant plus cette position officielle de l’Etat, que le potentiel hydroélectrique ’calculé’ représenterait 800 kW de puissance pour le Cousin-Trinquelin, alors qu’une seule des plus petites éoliennes installées par EDF en France a une puissance nominale de 1000 kW. Il s’agit également d’une énergie renouvelable.

De plus, les exploitations hydroélectrique présentes sur le Cousin-Trinquelin fonctionnent en contradiction avec les règlements d’eau originels : activité en continu sans jour chômé dans la semaine avec ouverture des vannes, pas d’ouverture des vannes lorsque la ligne d’eau est supérieure à la cote légale au moment des crues et inversement à l’étiage lorsque la ligne d’eau est sous la cote légale, à la limite du déversement sur le seuil.

Certains hydroélectriciens veulent promouvoir l’aménagement d’ouvrages existants mais non aménagés pour produire de l’hydroélectricité sur le Cousin-Trinquelin, bien que des espèces endémiques soient en danger alors qu’elles étaient présentes bien avant que l’homme ne tire profit des rivières.

Dans le cadre du contexte du Cousin/Trinquelin,cela revient à ’sacrifier’ la biodiversité d’un cours d’eau pour le profit personnel d’une poignée d’hydroélectriciens qui justifient leur action en arguant que l’hydroélectricité est une énergie renouvelable.

Pour l’Association de Défense du Trinquelin, le développement de la production hydroélectrique sur le Cousin/Trinquelin reviendrait à donner la priorité à l’intérêt particulier au mépris de l’intérêt général. Le faire serait absurde et irresponsable.

La production hydroélectrique serait éventuellement tolérable si les bénéfices tirés de la revente de l’électricité à EDF était reversés à la collectivité (déduction faite des coûts d’entretien des installations), mais il y aurait fort à parier que les prétendants ne se bousculeraient pas.

En tous cas, il est et restera du devoir des propriétaires d’ouvrages existants sur le Cousin :

  • de respecter les lois et règlements en vigueur, ce qui n’est pas le cas de tous.
  • d’assurer, par une manipulation raisonnée des vannes, le passage des poissons ,en particulier à l’époque de la reproduction, et de permettre au maximum la circulation des sédiments.

L’association de défense du Trinquelin est tout à fait prête à les conseiller sur ce point délicat, car les manœuvres nécessaires doivent être traitées au cas par cas, selon la configuration actuelle de chaque ouvrage, et selon le débit de la rivière.

 VI. Un héritage

En ce début de XXIème siècle, la biodiversité associée aux cours d’eau de tête de bassin est menacée. Cette menace résulte des activités anthropiques des populations qui vivent en bordure de ces cours d’eau, qu’elles soient d’actualité ou bien héritées du passé.

S’ajoute à cela la prévision d’un réchauffement climatique à l’échelle planétaire. Aujourd’hui, préserver cette biodiversité n’est pas qu’une idée d’écologiste, comme on l’entend trop souvent.

C’est une réalité que tout un chacun devrait comprendre pleinement et s’approprier, car de la bonne santé écologique de nos rivières dépend notre avenir.

Seule une eau de bonne qualité, tant du point de vue physico-chimique , que biologique, est utilisable par une société humaine et sera à même de pourvoir à sa survie, dans ce siècle ou tous les spécialistes s’accordent à dire que la réserve en eau sera la richesse d’un pays .

Voilà pourquoi l’Association de Défense du Trinquelin souhaite vivement que chacun change son regard quand il se porte sur une rivière ou sur un ruisseau du Morvan.

L’eau est un bien commun, c’est un patrimoine national qui doit être préservé et défendu en priorité avant tout autre patrimoine bâti par la main de l’homme.

Il est urgent de rendre une grande partie de sa fonctionnalité à nos ruisseaux et rivières, c’est à dire que l’ écoulement de l’eau soit la moins entravée possible, que les espèces patrimoniales ancestrales puissent circuler librement pour accéder à leurs aires de reproduction ou aux différents habitats nécessaires à leur survie.

Une rivière capable d’épurer naturellement l’eau est une rivière avec une dynamique fluviale et une ripisylve en bon état et fonctionnelle.


Voir en ligne : L’Association de défense du Trinquelin et des rivières du Morvan

Messages

  • # Message posté le 14 février 2015, par Champetier - Hydrauxois
    En réponse à : L’Association de défense du Trinquelin et des rivières du Morvan

    @Vallée du Cousin : la diversité des points de vue que vous hébergez est salutaire. Qu’il y ait désaccord sur tel ou tel point n’est pas un problème, bien au contraire, c’est la base du débat démocratique. Merci pour votre dynamisme et votre ouverture d’esprit.

    @Jean-Pierre Chevaux : n’hésitez pas à poser des questions sur les points qui suscitent votre interrogation en particulier. On peut essayer d’y répondre ici, dans la discussion en commentaires, ou bien faire un article ad hoc si ce n’est pas trop complexe. Si l’hydraulique vous intéresse, et vous voulez creuser un peu la partie scientifique, je vous conseille par exemple les cours excellents de Gérard Degoutte :
    http://www.agroparistech.fr/coursenligne/hydraulique/hydraulique.html

    Certaines publication de l’Onema sont aussi bien faites, et gratuites en pdf, par exemple le travail de Malavoi et al. sur la morphologie de la rivière :
    http://www.onema.fr/hydromorphologie-fluviale

    La toute première leçon de la science, cela reste d’exercer son esprit critique en essayant comme vous le dites d’objectiver les situations, donc de se référer au maximum à des mesures et des modèles des phénomènes que l’on veut expliquer. Ce n’est pas simple du tout pour un milieu complexe comme la rivière et ses différents milieux.

    • # Message posté le 16 février 2015, par Jean-Pierre Chevaux
      En réponse à : L’Association de défense du Trinquelin et des rivières du Morvan

      Merci pour votre réponse et pour les documents à consulter.
      JP C

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  • # Message posté le 14 février 2015, par Jean-Pierre Chevaux
    En réponse à : L’Association de défense du Trinquelin et des rivières du Morvan

    Merci pour cet article qui vient compléter les contributions de ceux qui ont comme projet la défense de nos cours d’eau. Les passionnés de rivières comme je le suis trouvent un vrai intérêt à vous lire. Comme dans certains articles précédents (j’ai en tête celui du SIVU), on rencontre des difficultés pour bien comprendre l’ensemble des problèmes et les conséquences de telle ou telle action. C’est bien sûr parce que nous n’avons pas les connaissances scientifique nécessaires. Je réclame donc aux prochains auteurs une formation minimale sur l’hydraulique ! Pas moins !
    J’ai bien sûr remarqué que les différentes associations n’étaient pas d’accord sur tout et c’est ce qui fait la richesse d’un site qui donne à lire des productions diverses, multiples. Cependant, si l’on accède pas (en tant que lecteurs) à une connaissance plus approfondie des phénomènes physiques et chimiques engendrés par les pratiques existantes ou proposées, nous risquons de nous positionner affectivement plutôt qu’objectivement.
    Merci en tous cas de nous faire partager vos réflexions.

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  • # Message posté le 12 février 2015, par La rédaction
    En réponse à : L’Association de défense du Trinquelin et des rivières du Morvan

    Bonjour, un mot de la rédaction pour rappeler le rôle de valleeducousin.fr : mettre en avant toutes les contributions propres à enrichir les réflexions de chacun(e) sur notre beau territoire. Ainsi, nous avons eu le plaisir, à plusieurs reprises, de publier des articles d’Hydrauxois. Aussi espérons-nous, de la même manière, pouvoir en accueillir plusieurs de l’Association de défense du Trinquelin.

    Car malgré quelques divergences, ces deux associations ont au moins quatre points communs :

    1. Elles s’investissent toutes deux, chacune à leur manière, sur des éléments fondamentaux de notre territoire : l’eau et les moulins ;
    2. Elles déplorent toutes deux le désengagement des travaux d’entretien des cours d’eau et de leur ouvrages... source de nombreux problèmes ;
    3. Au-delà de ce constat, elles s’engagent concrètement, chacune de leur côté, pour tenter d’y remédier... ce qui leur donne une certaine légitimité ;
    4. Elles apportent à chaque fois aux nombreux néophytes que nous sommes des éclairages nouveaux, grâce à des argumentaires construits et accessibles, qui aiguisent notre intérêt.

    Ces points communs dépassent largement toutes leurs divergences... c’est finalement ce qui compte le plus... et nous tenions à le préciser.

    Avec notre reconnaissance et au plaisir de vous lire.

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  • # Message posté le 12 février 2015, par Champetier - Hydrauxois
    En réponse à : L’Association de défense du Trinquelin et des rivières du Morvan

    Quelques remarques :

    - Une ripisylve dense en berge, c’est naturel et c’est mieux à plusieurs point de vue (moins de réchauffement l’été, caches racinaires, maintien des berges, etc.) ; les embâcles dans la rivière aussi, d’ailleurs certains hydro-écologues considèrent qu’on doit laisser le bois pourrir en eau.

    - La caractère morphogène des crues dépend du débit liquide, de la force de charriage, de la granulométrie et du socle géologique. Sur les petites rivières du Morvan, les méandres changent peu dans le temps, c’est frappant sur les cartes anciennes. L’impact de Saint-Agnan reste faible sur ce point précis à mon avis.

    - D’accord avec vous, il faut correctement entretenir les moulins. Et je ne peux qu’apprécier votre engagement pour l’entretien du cours d’eau, tâche qui relève normalement des obligations des propriétaires riverains.

    - Effet seuil : le taux d’étagement de la rivière Cousin est assez modeste à ma connaissance, donc l’essentiel du cours d’eau conserve une ligne de charge naturelle, avec des écoulements variés et notamment des radiers. Que le linéaire soit agrémenté de retenues plus lentiques n’est pas un problème très grave pour les milieux, tant que les espèces rhéophiles ont accès à des zones favorables.

    - Eau énergie : complet désaccord, nous espérons que les moulins vont se ré-équiper peu à peu, ce qui est le sens même de leur existence. Un équipement bien conçu est ichtyophile. Il participe à la vie de la rivière et il lutte contre le réchauffement, que la plupart des scientifiques considèrent comme menace de première ordre sur tous les milieux continentaux. C’est un usage légitime de l’eau et aussi un enjeu technique intéressant. Quant aux profits, allons allons, pour l’essentiel la cinquantaine de moulins du Cousin-Trinquelin ont des hauteurs de chute et des débits très modestes rien à voir avec l’industrie nucléaire, fossile, éolienne, etc.

    - Je suis très étonné que vous ne citiez pas les pêcheurs… parce que les perches soleil, les brochets, les black bass, les silures, les hotus, les arc-en-ciel d’élevage, etc. vous croyez qu’ils sont venus tout seul dans nos rivières ? Les pratiques de pêche ont depuis toujours (et surtout depuis le XVIIIe siècle) des effets très négatifs sur nos cours d’eau, à commencer par des introductions d’espèces invasives ou de pathogènes, ne pas le citer est un parti-pris.

    - Autre étonnement : le centrage de vos critiques sur les moulins, alors qu’ils sont tous présents depuis plus de 2 siècles (généralement 3 à 4) et que divers témoignages montre le bon état piscicole de la rivière au XIXe siècle. Et les assainissements ? Et les enrésinements ? Et les rectifications ? Etc. Etc.

    - Je vous invite à lire nos travaux sur le Cousin (dont deux études sur les moules / les truites et les moulins) sur ce fil de publication, et j’aurai plaisir à en débattre avec vous à l’occasion.

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