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C’était le 21 novembre : salle comble pour « T’as le salut du Poilu ! »... Vous ne vous en foutiez pas

Publié par Jean-Pierre Chevaux, L’association Ginkgo, Thiébaut Jourdain

Le samedi 22 novembre 2014

Mis à jour le 1er mai 2015

« Ils ne nous croiront jamais ou bien ils s’en foutront ! ». Cette phrase a été griffonnée par un Poilu dans son carnet de guerre... Mais vous ne vous en foutiez pas : la salle du cinéma Vauban était pleine. Merci à vous d’abord pour cette mobilisation générale ! Merci à Agnès Mitton-Fernandez, adjointe au Maire et conseillère à la culture, pour avoir fait en sorte que notre proposition soit retenue par la direction des affaires culturelles ! Et merci à Laurent Chanel pour l’article paru dans dans l’Yonne républicaine du 24 novembre !

"Le souffle de l’humain plutôt que le souffle du soldat"

« Nous avons voulu un spectacle simple, efficace fort en émotions, auquel puissent être associés tous ceux dont les noms sont gravés dans la pierre du monument aux morts de chaque lieu de présentation, qu’ils soient 20 ou qu’ils soient 100.

Nous avons voulu faire entendre le souffle de l’humain plutôt que le souffle du soldat en utilisant des textes extraits de carnets de guerre (notamment ceux de Louis Barthas) et des chansons d’époque ou en référence avec l’époque : Craonne bien sûr, La Butte rouge aussi, mais aussi toutes celles dont les paroles furent réécrites en fonction des circonstances comme Sous les ponts de Paris devenue Dans les tranchées de Gigny, ou ma Tonkinoise devenue Ma mimi ma mitrailleuse, ou encore Titine oh ma Titine, Flora de Bruant, Le temps des cerises... aussi Tu n’en reviendras pas d’Aragon »

Jean Bojko

"Ils ne nous croiront jamais ou bien ils s’en foutront !"

 
Rassurez-vous, un siècle après on ne s’en fout pas : 10 millions de morts cela mérite un salut, non ?
 
Et encore, on n’a pas tout dit, puisque les archives officielles conservent à ce jour leurs secrets. Peu importe l’officiel. C’est à un Poilu que nous donnons la parole. 
 
Un Poilu qui a eu l’audace de survivre à toutes les batailles alors que tant sont morts...Un Poilu qui a eu l’audace de témoigner alors que tant d’autres se sont tus...Un Poilu qui n’a nulle intention d’heurter la conscience ou les convictions de ceux et celles qui l’entendront mais un Poilu qui vous demande la permission en ce début de 21e siècle de continuer à lutter pour l’idée de paix et de fraternité humaine...

Dans la presse

Comment le spectacle a-t-il été programmé à Avallon ?

En juin 2014, ayant entendu parlé du spectacle, nous avons osé nous aventurer jusqu’en terre étrangère (à Brinon-sur-Beuvron) pour aller le voir... C’est là que nous avons pu prendre ces quelques photos :

Notre association a immédiatement souhaité organiser une représentation à Avallon... au mois de novembre. Après quelques difficultés posées par la Direction des affaires culturelles, nous sommes allés voir Agnès Mitton, adjointe au Maire et conseillère à la culture, qui a cru au projet et permis sa programmation. Merci à elle.

A propos du spectacle, par Jean Bojko

De la première guerre mondiale….

Les historiens retiennent les chiffres suivants : 10 millions de morts sur l’ensemble des fronts, 4800 soldats tués chaque jour du conflit, des dizaines de milliers de veuves, autant d’orphelins. A cela s’ajoutent les innombrables blessés, mutilés, et ceux que l’on appellera les gueules cassées.

Cent ans …Nous avons bien tenté de détourner le regard…Ne pas se retourner…Foncer droit devant … Aller vite pour penser moins…Accélérer encore pour avoir l’excuse de ne pas se retourner… « Le degré de la vitesse est directement proportionnel à l’intensité de l’oubli » écrit Milan Kundera …

Et pourtant …

Eux, ne cessent de nous observer, attentivement , tranquillement, du fond des tiroirs, au détour d’une page, de l’étalage d’une brocante, du médaillon sépia plaqué sur une stèle au cimetière du village…Pétrifiés, sur leur stèle, dans chaque commune, ils sont là , toujours , présents d’être morts, et nous parlent un siècle, encore, plus tard…et nous interrogent , nous les pressés, les pas le temps, les modernes, les stressés, les surbookés. Où courez-vous ? Et pourquoi ? Nous lancent-ils.

Ils nous parlent…les poilus …mais de quoi nous parlent-ils ?

Eh, bien ! Pas de la guerre, malgré le costume bleu horizon. Pas des souffrances endurées. Pas des obus qui labourent les corps. Pas des familles détruites. Pas des assauts à la baïonnette. Pas de la grosse Bertha et de la vie d’hommes devenus rats ou de rats devenus hommes. Pas des bras, des jambes, des yeux, des poumons, perdus dans les nuées de gaz moutarde. Non rien de tout cela, détrompons-nous. Ils ne sont pas dans la plainte, le gémissement. Ils ne cherchent pas la compassion. Ils nous parlent, oui…comme nous parle Barthas , dans ses Carnets de guerre…

Ils nous disent à un siècle d’intervalle, ils nous rappellent cette capacité incroyable que nous avons, nous les humains, à vivre en paix en toute fraternité…Cette magnifique intelligence, que nous pouvons, si nous le voulons, utiliser pour nous créer les uns les autres, plutôt que pour nous détruire les uns les autres…

Mais qui est Jean Bojko ?

Jean Bojko ou encore Ivan Charabara est un artiste, metteur en scène, poète et réalisateur né à Meaux le 25 mai 1949 de parents réfugiés ukrainiens. Il opte pour la nationalité française en 1968. Après de nombreux voyages, en particulier dans le Pacifique sud (Australie, Nouvelle Calédonie, Vanuatu, Polynésie…), il s’installe en 1977 dans la Nièvre où il monte ses expériences théâtrales. Il exerce la fonction très particulière de poète au cabinet du président du conseil général de la Nièvre.

Son labo : le TéATr’éPROUVèTe

Jean Bojko et le TéATr’éPROUVèTe, installés à l’Abbaye du Jouïr en Pays Nivernais-Morvan sont à l’origine d’une série d’actions qui se définissent comme autant de mises en scène dans l’espace social, où est développé le concept d’un « théâtre sans H », c’est-à-dire d’un théâtre qui redescendrait de sa hauteur pour investir le quotidien et « faire décoller des points d’interrogation » en bousculant les fondamentaux que sont l’espace, le jeu et le temps, mais aussi la notion de public (invité à agir plutôt qu’à consommer).

Messages

  • # Message posté le 6 novembre 2014, par Marc
    En réponse à : « T’as le salut du poilu ! » : le spectacle du 21 novembre 2014, vous vous en (...)

    J’en profite pour annoncer, sur le même thème, dans le cadre de la cérémonie du 11 novembre à Island, la lecture par un enfant de la commune d’une carte postale d’un Poilu, retrouvée par son petit-fils dans une malle du grenier.

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