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Un "Camp d’été" de l’extrême droite radicale "Bastion Social" près d’Avallon ?

Une manifestation festive aura lieu Samedi 30 juin sur la place du Marché d’Avallon

Publié par Cousins du Monde

Le vendredi 8 juin 2018

Mis à jour le 25 juin 2018

D’après plusieurs sources, que nous avons cherché à vérifier avant de publier cet article, le petit mouvement d’extrême droite radicale "Bastion Social" tiendrait son "camp d’été" près d’Avallon les 29, 30 juin et 1er juillet 2018. Différents lieux ont été évoqués, pour brouiller les pistes, dont le château d’Orbigny.

A cette occasion, une manifestation festive est organisée, le samedi 30 juin, sur la place du marché d’Avallon.

Vous trouverez ici quelques éléments de compréhension... dans un esprit d’apaisement. Toute la difficulté étant en effet de réagir... sans entrer dans le jeu sournois de la surenchère haineuse.

La Source de cette information

Il s’agit du site "Dijoncter.info" : https://dijoncter.info/?camp-d-ete-de-bastion-social-convergeons-vers-avallon-89-363

Sur cette page, le communiqué invitant à manifester est le suivant :

Pour nous c’est un affront à ce que représente le Morvan : le Morvan a été une terre du maquis avec plus d’une trentaine de groupes organisés pour combattre le nazisme et ses idées qu’aujourd’hui ils veulent nous ramener.

Il est hors de question de tolérer cet affront, il est hors de question de tolérer ces fachos, ici ou ailleurs.

Nous ferons donc tout pour empêcher la tenue de leur camp et appelons
le 30 juin à 12H sur la place du marché/place du Général de Gaulle à Avallon près de la mairie, à un pique-nique tiré du sac et manifestation festive qui prouvera que le Morvan est avant tout une terre d’accueil.

Il y a aussi, en Post Scriptum, ce conseil de prudence :

Il va sans dire que cet événement nécessite la plus grande vigilance de la part de toutes et tous : il n’est pas rare que ces groupuscules, galvanisés par leur lâcheté, traînent les rues pour « ratonner » les personnes seules ou en infériorité. Sous leurs apparences « sociales », ils continuent à agresser, allant parfois jusqu’à poignarder.

Mais en fait... qu’est-ce que "Bastion Social" ?

Le meilleur résumé que l’on puisse trouver sur le net vient de l’article de Mediapart intitulé « Bastion social » : les secrets du nouveau GUD, dont voici la partie accessible sans abonnement :

Les divisions et l’amateurisme de l’extrême droite radicale l’ont poussée à se réorganiser. Un nouveau mouvement – Bastion social – s’est créé sur les décombres du GUD (Groupe Union Défense), avec l’objectif de sortir de la marginalité politique. Il s’inspire directement des néofascistes italiens de CasaPound.

Ils veulent sortir de la marginalité politique en alliant bataille culturelle et action sociale. Depuis un an, ils inaugurent, ville par ville, des locaux : Lyon, Chambéry, Strasbourg, Aix-en-Provence, Angers, Clermont-Ferrand et, plus récemment, Marseille. Avec la même devise : « autonomie, identité, justice sociale ». Dans leur communication, ils mettent en avant leurs collectes et distributions alimentaires, nettoyages de lieux publics, maraudes de soutien aux personnes sans domicile. Mais cette aide est conditionnée à un critère : la nationalité française.

Bref, l’aspect "défense des droits sociaux" sert de vitrine pour améliorer l’image de l’extrême droite dans l’opinion publique, exaspérée par toutes les injustices d’une politique servant toujours les plus riches en appauvrissant les plus pauvres.

Avec l’éloquent slogan "Les nôtres avant les autres", ce groupuscule d’extrême droite se sert de l’actualité en pointant du doigt un coupable tout trouvé : l’immigré.

La dangereuse surenchère de la violence

Face à l’extrémisme, la tentation est grande de répondre par l’extrémisme, de crier "Sus aux fachos" et de les attaquer frontalement avec des arguments aussi simplistes que les leurs, quitte à leur faire indirectement, par effet de buzz, de la publicité gratuite.

Le terreau actuel de l’extrême droite

Les jardinier savent qu’il faut prendre les choses à la racine. S’intéresser au substrat, au terreau... Or le terreau actuel de ce groupuscule nationaliste est la misère sociale conjuguée à l’immigration.

Or, autant il serait naïf de croire que quelques pays peuvent accueillir indéfiniment tous les réfugiés de la terre, autant il est absurde de penser que nous pourrons arrêter cette immigration avec des flics, des murs et des barbelés.

RAPPEL : Si les immigrés d’aujourd’hui sont prêts à tout perdre pour affronter les passeurs, les racketteurs, les violeurs, les tempêtes, les noyades, les trafiquants d’organes... ce n’est pas juste pour les congés payés. C’est simplement pour survivre.

L’outil "anti-fachos" n°1 : la lutte contre les préjugés

Voici une boîte à outil à diffuser sans modération : https://www.lacimade.org/petitguideprejuges/petitguideprejuges.html

Tous sur le même bateau...

Le monde d’aujourd’hui est comparable à un bateau dont l’arrière serait percé : cette voie d’eau occasionne un mouvement de panique vers l’avant, risquant de tout faire chavirer. Pourtant, si ceux de l’avant se contentent de renvoyer de force les passagers paniqués à l’arrière... il finiront de toutes façons, eux aussi, par couler tant que la voie d’eau n’est pas réparée... puisqu’il s’agit du même bateau.

Quelles sont ces voies d’eau ? L’accaparement des ressources qui, par le jeu de la spéculation, enrichit toujours une minorité de personnes, provoquant des guerres, de l’insécurité, des famines...

S’il y a bien un documentaire à voir pour comprendre ce problème, c’est celui qu’Arte a réalisé sur HSBC : “Les Gangsters de la finance” et que vous pouvez voir en streaming ici.

Pendant que des extrémistes tentent de détourner notre attention, le bateau coule. Réparons d’abord ces voies d’eau... avant de vouloir en découdre.

C’est à dire, organisons un partage équitable des ressources permettant à tout un chacun de vivre dignement partout sur cette planète. Parions qu’après ces réparations il n’y aura par la suite plus aucune raison de se battre.