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Changement de couleurs... changement de valeurs ?

Pourquoi M. CAULLET refuse-t-il de s’exprimer sur la question du TAFTA/CETA ?

Pour rappel, voici les trois principales menaces de ces traités transatlantiques

Le mercredi 7 juin 2017

Sur les 12 questions posées aux candidats par valleeducousin.fr, Jean-Yves Caullet, ex-socialiste, est le seul à ne pas avoir répondu au sujet du TAFTA/CETA, ces traités transatlantiques qui menacent la souveraineté des peuples au profit des multinationales. Pourquoi ? A vous de le découvrir dans cet article.

A qui profitent le TAFTA et le CETA ?

Le TTIP ou TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement) et le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement), sont des accords économiques et commerciaux passés entre l’Union européenne et l’Amérique du Nord (États-Unis pour le premier, Canada pour le second).

Vous aurez compris que le CETA n’est en fait que le cache-sexe du TAFTA (pardonnez cette formule lingère). En effet, il faut être un avallon-niais... ou un analphabête géopolitique pour ne pas savoir à quel point l’économie canadienne n’est qu’une branche de la World Company américaine.

Autrement dit, en cas de refus du TAFTA et d’accord sur le CETA il suffit de mettre son siège social à Toronto ou Vancouver...

TAFTA/CETA, c’est donc bonnet-blanc/blanc-bonnet. Leur objectif : donner du pouvoir aux multinationales, au détriment de la souveraineté des peuples.

Quels sont les risques ?

Pour être bref, parmi les nombreuses menaces qui planent sur l’Europe... jusque dans la vallée du Cousin, citons les trois principales :

1. Menace sur les états : généralisation du système des arbitrages privés

Ces accords donnent la possibilité à une multinationale dont le retour sur investissement ne serait pas à la hauteur de ses espérances, d’attaquer nos gouvernements devant un « tribunal » privé qui fonctionne à sens unique (seule une entreprise peut se plaindre contre un gouvernement) et qui n’appartient à aucune cour de justice.

Ces tribunaux privés sont constitués de trois « juges », choisis parmi des avocats de très gros cabinets privés américains et britanniques.

Le premier « juge » est choisi par l’entreprise plaignante, le second par le gouvernement mis en cause et le troisième d’un commun accord. Le coût moyen de ces arbitrages privés tourne autour des 10 000 000 $, sans parler de la compensation.

Ces arbitrages privés fonctionnent déjà dans nombre d’accords économiques bilatéraux... mais le TAFTA/CETA leur ouvrira grand la porte en les généralisant partout !

Jusqu’ici, les 2/3 de ces procès privés ont été gagnés par les investisseurs contre les états (c’est à dire contre nous les contribuables), soit par compensation soit par négociation. Les investisseurs ayant vite compris leur intérêt, le nombre de ces « procès » privés a considérablement augmenté.

Pour en savoir plus, écoutez la conférence organisée à Avallon par le Cercle Condorcet à ce sujet.

2. Menaces sur la santé, l’environnement et le climat

En Europe, les règles sur les biens et les services sont beaucoup plus strictes qu’outre-atlantique. Jusqu’ici, pour mettre un produit sur le marché, une entreprise européenne doit d’abord prouver son innocuité pour la santé. Une Directive européenne pour la régulation des produits chimiques a permis, en vingt ans, d’interdire 1200 produits jugés dangereux.

Or, dans l’intérêt des entreprises transnationales, le TAFTA va dans le sens de la dérégulation : l’intégration se fera, une fois de plus, sur le modèle américain, au détriment du principe de précaution.

Concernant le climat, lire cet article du Monde : Le CETA, un accord commercial à haut risque climatique

3. Menaces les PME et PMI... donc sur l’emploi... et le niveau de vie

L’argument avancé par les pro TAFTA/CETA, c’est l’accès des PME européennes au marché nord-américain, et plus largement de nos entreprises à leurs marchés publics, notamment de la défense.

En réalité, les PME ou PMI seront les grandes perdantes du secteur privé, car elles ne pourraient se payer les arbitrages couteux contre les gouvernements... et les sous-traitants seraient à la merci des caprices des entreprises transnationales.

Pour en savoir plus, lire cet article du Monde : TTIP et CETA : « Nos PME ne seront pas les premières bénéficiaires de ces futurs accords »

Un silence lourd de sens

Après avoir lu cet article, à votre avis pourquoi Monsieur Caullet, ex-socialiste, ne s’est-il pas prononcé à ce sujet ?

  • Parce qu’il ne sait pas de quoi il s’agit ? Dans ce cas, il est grand temps pour lui de s’abonner aux conférences du Cercle Condorcet de l’Avallonnais.
  • Parce qu’il est pour ces traités ? Dans ce cas, nous aurions aimé qu’il nous explique en quoi sont-ils si intéressants pour les français.
  • Parce qu’il ne veut fâcher ni Macron, ni son électorat socialiste ? Hypothèse la plus probable...

Pour rappel : Emmanuel Macron, était le seul candidat à la présidentielle ouvertement favorable au CETA


Si nous avons cité Le Monde, qui, vu ses financements, nous semble être devenu un journal de déférence, c’est pour ne pas être taxés de militants extrémistes. La preuve que nous n’en sommes pas : au niveau européen, Frau Merkel ne semble pas du tout convaincue par le TAFTA/CETA. Angela, délivre-nous du mal !