Valleeducousin.fr

Journal > Culture >

C’était samedi 18 avril 2015, le « Petit déjeuner de la Bibliothèque » sur le thème de la littérature espagnole, avec la présence de Gabrielle Garcia, fille d’un réfugié républicain espagnol.

Publié par Chocomousse

Le dimanche 19 avril 2015

Mis à jour le 26 janvier 2017

Dans le cadre de l’exposition « Mémoire et Histoire des Républicains Espagnols de l’Yonne », jusqu’au dimanche 31 mai 2015 au Grenier à sel à Avallon, Gabrielle Garcia est venue nous présenter son livre « Pour entrer dans Grenade ».

Gabrielle Garcia, fille de José Garcia, républicain espagnol exilé en France en 1939, est née à St Malo. Gabrielle n’a de cesse de tenter de restaurer la mémoire familiale et nationale de ses ancêtres. Auteure de « Pour entrer dans Grenade » et personnage central de « Lettre à Gabrielle » un film d’Alain Gallet - dont son livre a servi de fil rouge -, elle est en prise avec l’itinéraire d’un père meurtri par la douleur d’un rêve brisé, en 1939, comme des milliers de républicains espagnols qui franchissent la frontière franco-espagnole à la suite de la chute de la seconde république espagnole et de la victoire du général Franco.

http://personasingularis.blogspot.fr/2015/01/gabrielle-garcia-combat-pour-une.html

Crédits photo : Ouest-France

Gabrielle Garcia est venu nous présenter son livre « Pour entrer dans Grenade », nous a expliqué pourquoi ce livre est né, ses recherches, ses conférences pour que la mémoire subsiste.

Des discussions et des nombreux échanges ont été engagés avec le public.

« Pour entrer dans Grenade » de Gabrielle Garcia

’Parce que le silence est notre ennemi. Parce qu’il mène à l’oubli, parce qu’il efface les rêves non réalisés, parce qu’il détruit leur trace et la preuve qu’un jour ils furent sur le point d’être accomplis’, Gabrielle Garcia a voulu écrire ce livre.
’Alors, elle partit à la recherche des jours perdus. Elle se posa des questions, prit le risque de savoir, de connaître et de partager la souffrance des siens. Elle interrogea les paysages où avait vécu son père et qu’il avait dû quitter ; elle s’approcha des idées choisies et pour lesquelles il avait lutté ; elle découvrit le tréfonds de la tragédie familiale et nationale.
Gabrielle Garcia a dû écrire l’exil pour enfin entrer à Grenade’.

« La mémoire retrouvée des Républicains espagnols, Paroles d’exilés en Ille-et-Vilaine » de Gabrielle Garcia et Isabelle Matas, éditions Ouest-France, Rennes, 2005.

Ce livre est né de la rencontre de deux filles de combattants Républicains, exilés en France lors de la Retirada, en février 1939. La décision de collecter la mémoire des réfugiés installés en Ille-et-Vilaine fut prise à leur retour d’Argelès-sur-Mer en février 2001, alors qu’elles étaient allées rendre hommage aux exilés internés sur les plages du sud, à la fin de la guerre civile. Ce travail de mémoire est fondé sur leur volonté d’éviter qu’un jour l’histoire des républicains espagnols, exilés en France, soit niée. Il repose sur leur désir de faire reconnaître et tout simplement connaître le combat des républicains espagnols pour la liberté.

http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/livres/memoire-esp.htm

Des explications sur cette période, sur Wikipédia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9fugi%C3%A9s_et_exil%C3%A9s_de_la_guerre_d%27Espagne

http://fr.wikipedia.org/wiki/Retirada

Voici les livres sélectionnés qui n’ont pas été présentés, faute de temps :

« Adieu, vive clarté » de Jorge Semprun

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Max-Pol Fouchet

Ce livre est le récit de la découverte de l’adolescence et de l’exil, des mystères de Paris, du monde, de la féminité. Aussi, surtout sans doute, de l’appropriation de la langue française. L’expérience de Buchenwald n’y est pour rien, n’y porte aucune ombre. Aucune lumière non plus. Voilà pourquoi, en écrivant Adieu, vive clarté..., il m’a semblé retrouver une liberté perdue, comme si je m’arrachais à la suite de hasards et de choix qui ont fini par me composer une sorte de destin. Une biographie, si l’on préfère moins de solennité.

Même si le hasard ou la chance m’avaient évité de tomber dans le piège de la Gestapo, même si mon maître Maurice Halbwachs n’avait pas agonisé dans mes bras, au block 56 de Buchenwald, j’aurais été ce garçon de quinze ans qui découvrait l’éblouissante infortune de la vie, ses joies aussi, inouïes, à Paris, entre les deux guerres de son adolescence.

M’y voilà de nouveau.

« A feu et à sang : Héros, brutes et martyrs d’Espagne » de Manuel Chaves Nogales

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

’ Quoiqu’elles relatent les aventures invraisemblables de personnages inconcevables, ces neuf hallucinantes nouvelles ne sont pas l’œuvre de l’imagination ni de la fantaisie pure. Chaque épisode est inspiré d’un fait rigoureusement véridique ; chaque héros possède une existence réelle et une personnalité authentique - laquelle a été prudemment voilée en raison de la proximité des événements ’. C’est en ces termes que Manuel Chaves Nogales s’adresse aux lecteurs de A Feu et à sang - suite de récits sur la guerre civile espagnole, écrits dès 1937 alors qu’il était exilé en France. Il n’a guère plus de sympathie pour les révolutionnaires que pour les réactionnaires : ’ Idiots et assassins ont surgi avec une égale profusion et agi avec une égale intensité dans les deux camps qui se sont partagé l’Espagne ’. Avec une grande lucidité et une impartialité exemplaire, Chaves Nogales montre jusqu’où la bêtise et la cruauté peuvent entraîner les hommes.

« Le violon d’Auschwitz » de Maria Angels Anglada

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Auschwitz 1944. Les privations et les coups. Les humiliations s’enchaînent, les hommes traités comme des chiens, n’existent aux yeux de leurs persécuteurs que comme de la main-d’œuvre peu chère. Un prisonnier juif, Daniel, y lutte pour la survie de son âme. Surprenant un concert organisé par Sauckel, le commandant du camp, Daniel révèle son talent de luthier pour sauver son ami Bronislaw, violoniste de génie accusé à tort d’avoir joué faux. Il va alors être mis à l’épreuve et devoir construire un violon imitant le son d’un Stradivarius, comprenant vite que de cet instrument dépend leur salut...
Composant un mélange subtil entre réalité et fiction, des documents historiques - lettre, rapports- viennent interrompre le récit à la manière de pauses glaçantes.
Dans la tradition littéraire d’un Primo Levi, l’auteur mène une danse effroyable entre l’horreur et la barbarie et le sublime de la musique.
Ou l’art comme possibilité de faire vivre la mémoire.

« Marina » de Carlos Ruiz Zafon

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Dans la Barcelone des années 1980, Oscar, quinze ans, a l’habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Au cours de l’une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina. Fascinée par l’énigme d’une tombe anonyme, Marina entraîne son jeune compagnon dans un cimetière oublié de tous. Qui est la femme venant s’y recueillir ? Et que signifie le papillon noir qui surplombe la pierre tombale ? S’égarant dans les entrailles d’une terrifiante cité souterraine, s’enfonçant dans les coulisses d’un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d’une tragédie vieille de plusieurs décennies.

« La cathédrale de la mer » d’Ildefonso Falcones

Livre disponible au prêt à la Bibliothèque Gaston Chaissac

Au cour de la Barcelone médiévale, de la Grande Peste à l’Inquisition, Arnau, jeune paysan, endure les pires tourments et humiliations pour devenir un homme libre. Son destin hors du commun en fera le héros de tout un peuple...
Au XIVe siècle, au rythme de la construction de l’église Santa María del Mar chef-d’œuvre du gothique catalan édifié « pour le peuple et par le peuple » en un temps record (cinquante-sept ans) , le lecteur suit pas à pas le parcours semé d’embûches d’Arnau Estanyol pour conquérir sa liberté. Fils d’un paysan exilé à Barcelone, devenu membre des bastaixos : une confrérie de porteurs de pierres chargée de convoyer leurs chargements jusqu’à la future cathédrale, puis vaillant soldat du roi, il fait fortune avec l’aide du juif Hasdai, dont il a sauvé les enfants. Le voilà riche cambiste, consul... et époux, bien malgré lui, de la pupille du roi. Malgré son statut et ses nombreuses responsabilités dans la cité catalane, il saura résister aux plus terribles machinations, à l’Inquisition, et n’aura de cesse de défendre les pauvres et les esclaves...
Ce roman foisonnant de personnages et de rencontres, de trahisons et d’histoires d’amour est un tourbillon. Acteur et témoin des grands maux de l’époque, son héros est tour à tour confronté aux conflits militaires, aux révoltes populaires, à la Grande Peste et aux hérésies. Par-delà l’intrigue menée de main de maître par Ildefonso Falcones, La Cathédrale de la mer est aussi un chant d’amour à une ville et à ses habitants, ainsi qu’un hymne à la fraternité.

Les résumés des livres sont issus du site http://www.babelio.com